Essais canadiens « Roar of the Rings » 2013
Presented by Monsanto

Les clubs de petites villes sont au cœur du curling

Au Manitoba, les hivers peuvent être durs et c’est le moins qu’on puisse dire. L’histoire qui me revient toujours lorsque je décris combien froid l’hiver peut être.

(Photo Nolan Thiessen)

(Photo Nolan Thiessen)

En janvier 2004, je jouais au curling dans le tournoi MCA avec Sean Grassie. En milieu de semaine, alors que nous trimions dans les événements mineurs, je me suis présenté pour le match du matin malgré le vent froid ressenti à -50 C! À la fin du 5e bout, la pause a été allongée afin que tous les joueurs puissent aller à l’extérieur pour réchauffer leurs voitures, sinon nous aurions tous été confinés au Club de Curling West St. Paul pour la journée.

Jouer au curling est une des meilleures façons que les Manitobains et tout le monde des prairies utilisent pour passer le temps durant ces froids mois d’hiver. Le curling est définitivement ancré dans la culture au Manitoba et les résultats parlent d’eux-mêmes. Regardez les équipes au Roar of the Rings en décembre; des douze équipes déjà qualifiées, quatre sont du Manitoba (sans parler des nouveaux arrivants au Manitoba comme Dave Nedohin et moi-même provenant d’équipes de l’Alberta).

Mes parents étaient comme la plupart des gens qui vivaient dans une petite ville des prairies. En hiver, ils passaient la majorité de leur temps au club de curling. Lorsque j’avais trois mois, on me laissait dormir dans mon siège de bébé sous l’armoire à trophées au Pilot Mound Curling Club tandis que ma mère allait jouer dans un match  de ligue. Évidemment, mes parents adoraient ce jeu; ils laissaient leur nouveau-né aux bons soins des gens de la région, car ils ne voulaient pas manquer un match. Cet amour du curling est né en moi.

Durant la semaine du Brier, une fois l’an,  ma sœur et moi n’étions pas autorisés à changer de chaîne sur le téléviseur parque mes parents voulaient regarder le curling. Étant un malade de sport, j’étais assis et j’absorbais tout. C’est ce que je faisais avec tous les autres sports; je regardais à la télévision et j’essayais de répéter ce que faisaient les joueurs. Mon seul problème est que je le faisais avec du ruban adhésif sur les tapis et j’utilisais des balles de base-ball et de tennis comme pierres. Mais en 1992 lorsque Vic Peters a remporté le Brier pour le Manitoba aux dépens de Russ Howard, j’ai décidé qu’il était temps d’essayer le curling pour de vrai. J’ai décidé que le ruban adhésif pour marquer les anneaux de curling dans le sous-sol n’était pas adéquat et je voulais jouer le vrai jeu.

Lorsque les Championnats du monde de 1995 se sont déroulés dans ma ville natale de Brandon et que le Manitobain Kerry Burtnyk a remporté le titre, je suis officiellement devenu accro. Deux amis et moi avons décidé qu’il était temps d’arrêter de jouer au hockey et de nous consacrer au curling pendant tout l’hiver. Après avoir recruté un autre gars intéressé d’une autre école, nous avons commencé à jouer dans la Ligue des hommes du Brandon Curling Club et nous avons participé à tournois tout au long de l’hiver un peu partout au Manitoba.

(Photo Nolan Thiessen)

(Photo Nolan Thiessen)

La plupart des tournois auxquels nous avons participé avaient lieu dans des petites villes à travers le Manitoba. Les clubs des petites villes, c’est là que se joue le curling de base, surtout dans les prairies. Nous avons tellement joué que nous avons nécessairement appris la stratégie et comment bien jouer; nous avons également appris la camaraderie du curling et ce qu’elle signifie dans ce pays. Nous avons constaté que le curling ne se joue pas seulement dans les arénas pour qu’on puisse le regarder sur notre téléviseur; le curling se joue sur deux ou trois pistes de glace à travers le pays. Il est soutenu par beaucoup de bénévoles, le responsable du déroulement des matchs, le barman ou les gens de la région qui préparent des tartes et les apportent au club pendant le tournoi des hommes (hourra à ma grand-mère Lynne).

Nous avons joué sur le circuit du grille-pain (regardez cela comme un compliment et non une critique) dans des villes comme Miami, Neepawa, Deloraine, Virden, Treherne et Souris. Nous avons joué contre des équipes deux, trois et quatre fois plus âgées nous. Une année, nous avons joué contre une équipe à Miami dont le plus jeune joueur était plus âgé que nos âges combinés. Dans quel autre sport pouvez-vous entrer en compétition dans un match de cette sorte?

Je pense que mon histoire est plutôt la norme que l’exception pour la plupart des joueurs du Tim Horton’s Roar of the Rings en décembre. Demandez à chacun d’entre nous et je suis sûr que nous avons tous des anecdotes sur des matchs joués dans de petites villes partout au Canada, avoir eu de multiples occasions de participer afin de peaufiner notre jeu et de devenir les meilleurs au monde. Personne ne se présente au Roar of the Rings avec un an ou deux d’expérience; nous avons tous joué des centaines de matchs au fil des ans. Il y a là des joueurs qui ont subi des échecs et qui nous étonneront!

À ce jour, chaque fois que je vais dans un club de curling d’une petite ville, que ce soit pour un événement de la WCT ou pour une mini clinique de curling, je ressens avec bonheur que je suis de retour dans la vraie vie du curling.  Il est facile d’oublier ces choses lorsque vous jouez devant 10 000 personnes dans ce qui est normalement un centre de la LNH. Alors la prochaine fois que vous participerez à un tournoi local de grille-pain et que vos adversaires seront une équipe d’adolescents, n’oubliez pas que vous rencontrez peut-être un futur champion du monde ou champion olympique et vous serez peut-être une des personnes qui auront contribué à leur enseigner le curling.

 

 

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