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La technologie sur la glace: pas la chasse gardée des élites

Quand les groupes de curleurs enthousiastes se sont rassemblés récemment au Camp de curling Équipe Howard, ils tenaient à recevoir une instruction directement des «professionnels» sur comment réussir le tir parfait. Et ils n’ont pas été désappointés – grâce en partie à une technologie de pointe qui offre une réaction immédiate et qui favorise une correction opportune des mauvaises habitudes.

«Scott Taylor est rien moins qu’incroyable,» a constaté Sheila Smith, de Burlington, Ont., qui a assisté au camp à cinq reprises, et qui n’a que de bien à dire à propos de l’entraîneur de longue date d’Équipe Howard.

Scott Taylor’s specialized software makes it easy for curlers to see just how well they stay on the line of delivery (Photo courtesy Scott Taylor)

Le logiciel spécialisé de Scott Taylor permet de montrer facilement aux joueurs le degré de succès qu’ils réalisent en gardant la pierre sur sa trajectoire (Photo soumise par Scott Taylor)

Taylor a montré aux joueurs le Système vidéo Balance Plus, créé en 1996 par le fondateur de Balance Plus, Lino Di Iorio, et employé par Taylor pour corriger l’une des fautes majeures de tous les curleurs : des erreurs à la ligne de lancer. Le système emploie une caméra posée stratégiquement dans un coin de la surface, et un écran de visualisation qui est spécialement marqué pour indiquer les différentes lignes de lancer.

«Dans ce camp, nous avions trois objectifs pour les séances,» a expliqué Taylor. «En premier, montrer aux joueurs la ligne voulue à différents lieux sur la surface. Deuxièmement, nous voulions encourager le joueur à vérifier si son évaluation de la trajectoire de la pierre avait été réaliste. Et troisièmement, nous avons essayé de les aider à modifier le tir en conséquence, pour mieux suivre la ligne voulue.»

Quant à Smith, elle dit que les résultats ont été impressionnants.

«La première chose qui saute aux yeux en regardant le clip, c’est l’endroit où vous pensez que la pierre va aboutir,» a-t-elle indiqué. «À mon premier camp, ma ligne de tir a quitté l’écran…ou presque.»

Smith a dit qu’elle s’est améliorée à chaque camp successif, et à sa quatrième saison, elle suivait la ligne presque 90 pour cent des fois.

«Scott était très surpris – et moi aussi,» a-t-elle déclaré.

Un autre outil utilisé au camp est une caméra qui filme les curleurs en quittant l’appui-pied vers un faisceau laser dirigé sur le centre de la pierre. Les joueurs lancent quatre pierres – deux à chaque tour – et ils peuvent regarder l’enregistrement sur l’écran d’un ordinateur portatif établi sur la glace, pour voir si le faisceau laser reste orienté sur la pierre alors qu’ils s’approchent de la caméra.

Smith a trouvé l’exercice à laser très utile, en dépit du défi supplémentaire d’être gauchère. Tout compte fait, c’est une évaluation facile à préparer, qui offre des réactions rapides.

Instructor Codey Maus explains video results to curlers Sheila Smith, Margot Shepherd-Spurgeon, and Phil Coulter (Photo Jean MIlls)

L’enseignant Codey Maus explique les résultats du tournage aux joueurs Sheila Smith, Margot Shepherd-Spurgeon et Phil Coulter (Photo Jean Mills)

«À mon avis, l’enregistrement vidéo est très utile,» a dit Phil Coulter, de Thornhill Golf and Curling Club, qui assistait au camp pour la première fois. «Cela m’a montré très clairement les erreurs dans mon tir. Mieux encore, c’était un test assez simple à répliquer, donc je pouvais le répéter chez moi.»

Du point de vue de Peter Brown, de Boston, un autre nouveau participant au camp Équipe Howard, les clips ont été très utiles.

«On pourrait vous dire que votre pied de glisse n’est pas positionné comme il faut,» a-t-il dit. «Mais en regardant la vidéo, l’erreur vous saute aux yeux,» a-t-il précisé.

Certains curleurs, cependant, hésitent face à toute cette technologie de pointe. À l’avis de Skid Crease, du club King Curling, la vidéo était efficace, mais il croit encore à la bonne vieille méthode d’une ficelle attachée à l’appui-pied.

«Je ne suis pas un fan d’un excès de technologie, mais je vois la valeur des vidéos pour les joueurs compétitifs, pour qu’ils puissent réviser leur propre performance,» a dit Crease. «L’entraîneur observe, offre des réactions; l’athlète pense que l’entraîneur a manqué son excellente ligne. Avec une vidéo, l’entraîneur enregistre, l’athlète regarde de ses propres yeux, et il est plus apte à accepter les réactions et les conseils de l’entraîneur.»

Crease admet qu’il a aimé la séance Balance Plus avec Taylor ainsi que la séance laser, mais il pense que les techniques éprouvées et durables ont toujours une place.

«J’aime toujours la ficelle et le bas prix qui va avec,» a-t-il déclaré. «Il faut plus de temps à préparer le laser et la caméra qu’il faut pour dérouler un peu de corde. Et ça coûte moins cher, et il y a moins de risque de casser quelque chose.»

Wayne Middaugh runs the video equipment as curler Skid Crease tries to keep the laser’s red dot in the middle of his rock (Photo Jean Mills)

Wayne Middaugh est aux commandes de l’équipement vidéo alors que le joueur Skid Crease essaie de garder le point rouge du laser centré sur sa pierre (Photo Jean Mills)

Mais la vidéo s’est creusée une place importante dans l’entraînement, au dire de Jennifer Ferris, entraîneure accréditée de Niveau 3 et chef de l’équipe nationale à l‘Universiade, une des entraîneures-enseignantes au camp de cette année.

«La vidéo est super pour appuyer les conseils que l’athlète a probablement déjà entendus,» a-t-elle remarqué. «Les entraîneurs plus expérimentés savent détecter instinctivement les erreurs de balayage ou de tir, mais l’athlète ne comprend pas toujours le problème sans le voir de ses propres yeux. Mieux encore, la réaction est instantanée. L’athlète peut regarder le clip tout de suite, écouter les réactions, et mettre en pratique les changements sans délais.»

Étant donné la facilité par laquelle la technologie quotidienne se prête à l’enregistrement de l’action sur la glace, il est évident que c’est une ressource valable pour tous les curleurs, de tous les niveaux.

«Je crois que l’analyse vidéo est excellente pour une variété de curleurs, du niveau de développement jusqu’au niveau d’élite,» a observé Ferris. «Le plus beau de l’analyse vidéo, c’est qu’il faut relativement peu d’équipement ‘haut de gamme’. Il y a seulement cinq ans, les entraîneurs dépensaient des centaines de dollars en caméras, ordinateurs portatifs, trépieds et logiciels. Maintenant, la plupart des téléphones intelligents et les tablettes ont des caméras pour enregistrer une vidéo de très haute qualité.»

«On dit qu’une image vaut mille mots,» a enchaîné Taylor, entraîneur d’Équipe Howard. «Les leçons qu’on peut tirer de la vidéo sont presque sans limite. Les séances vidéo de cinq minutes par participant au camp Équipe Howard sont insuffisantes. Nous ne faisons qu’esquisser les grandes lignes des plans pour aider les curleurs à améliorer leur jeu.»