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Guy Hemmings: Plein la vue, plein les OREILLES!

10/24/2011 - Posté par Guy Hemmings

En ce début d’automne 2011, les quelque 70 clubs de curling du Québec ont reçu le plus beau cadeau qu’ils pouvaient rêver pour promouvoir leur sport et leurs installations, soit le retour du curling en grande pompe sur les ondes d’un réseau francophone. En effet, en ce début d’octobre, avec le lancement de sa chaîne RDS 2, le Réseau des sports a confirmé ce que tous les amateurs de curling espéraient, soit une couverture complète des principales compétitions de curling canadiennes et internationales. RDS et RDS 2 offriront plus de 80 matches de curling (soit environ 240 heures) sur leurs ondes.

Guy Hemmings

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Il faudrait avoir vécu les 50 dernières de sa vie sans avoir accès à un téléviseur, pour ne pas réaliser l’impact que cette annonce aura sur notre sport favori.  Bien que le curling fût déjà bien ancré dans la culture canadienne-anglaise, l’arrivée des TSN au début des années 80 a littéralement propulsé ce sport vers de nouveaux sommets de popularité dans le reste du pays. Avec l’arrivée de TSN, ce ne sont plus seulement les joueurs de curling qui se sont intéressés à ce sport, mais les amateurs de sport en général. Le phénomène se produira également au Québec dans les années à venir avec la participation du Réseau des Sports.

À titre de preuve, nous n’avons qu’à jeter un petit coup d’œil rapide du côté des dernières Olympiades. Lors de celles-ci, la plus majeure partie des sports amateurs trouvent enfin une couverture sur les différents réseaux de télévision (une couverture qui, malheureusement, ne s’offre à eux  que tous les 4 ans pour la plupart des sports amateurs). Nous savons tous à l’avance que le hockey et probablement le patinage artistique feront fureur auprès des amateurs. Mais quel sport selon vous a surpassé toutes les prédictions? Quel sport a été couvert pendant plus de 90 heures sur les différents réseaux francophones (dont le Réseau des Sports) et a généré de si fortes cotes d’écoute que moins de deux ans après Vancouver, le Réseau des Sports décide d’incorporer 240 heures de couverture en direct de ce sport sur ses ondes?

RDS

RDS

Ce n’est pas un hasard si le curling a fait un tabac au petit écran lors des Jeux de Vancouver et en fera un autre au cours des prochaines années sur les ondes du Réseau des Sports. Le curling est un sport qui est, pardonnez-moi l’expression, télévisuellement intéressant. La proximité avec les joueurs,  les micros qu’ils portent tout au long d’une partie favorisent cette complicité entre les joueurs et les amateurs. On entend en direct ceux-ci élaborer leurs stratégies, exprimer leurs émotions, dévoiler leur véritable personnalité. Les amateurs ont l’impression de réellement connaître personnellement les grandes vedettes de ce sport. Ne serait-ce pas intéressant d’avoir un petit micro pour entendre ce qui se dit lors d’une rencontre au monticule entre l’entraîneur des lanceurs et son protagoniste? Ou entendre ce qui se dit dans les caucus des Alouettes entre chaque jeu? Eh bien au curling, on peut!

En plus d’agrémenter le spectacle, cette proximité avec les joueurs favorise l’identification avec ceux-ci, favorise la création d’idoles, de modèles, phénomène indispensable dans le succès d’un sport donné et de son développement. Quel amateur de hockey, de baseball ou de football n’a pas rêvé un jour d’être le prochain Guy Lafleur, Chipper Jones ou Tom Brady?

Si la plupart des jeunes joueurs de curling de nos jours envisagent de devenir le prochain John Morris,  Jeff Stoughton ou Jennifer Jones, à mon époque c’étaient les Frères Howard, Sandra Schmirler ou Ed Werenich qui servaient de modèles. En ce qui me concerne, j’admirais Werenich, je trouvais sa glissade, sa technique, beaucoup plus  appropriée au style que j’allais préconiser dans mes plus belles années!

Dorénavant, ce n’est plus les pistes des joueurs célèbres, mais plutôt celles des Ray Turnbull, Vic Rauter, Linda Moore et compagnie que je tente de suivre. Ces analystes ont marqué à leur façon le curling canadien. En compagnie de Michel Lacroix, je  tenterai de vous faire partager ma passion de ce sport par le truchement de votre téléviseur. C’est un honneur d’avoir l’opportunité des travailler à la couverture d’un sport que j’aime. D’avoir la chance de s’asseoir derrière un micro pour partager ses visions avec des millions d’amateurs est un privilège offert à très peu de gens, et soyez assurés que je l’apprécie grandement. J’ai eu, au cours de ma courte carrière d’analyste, la chance de travailler avec les plus grands de notre sport, tant sur les ondes de Radio-Canada, de CBC, de TSN que de RDS. Espérons que ces expériences personnelles m’aideront à vous faire apprécier ces quelque 240 heures que nous passerons ensemble dès le mois de décembre prochain.

En terminant, laissez-moi vous raconter ma toute première expérience comme analyste. Ce fut lors du Championnat canadien masculin qui avait lieu à Saskatoon (2000), j’y étais à titre d’ambassadeur pour l’association canadienne de curling. Lors de ce Championnat, une équipe québécoise (francophone) a atteint la demi-finale. L’équipe de mon ami François Roberge affrontait Russ Howard du Nouveau-Brunswick en direct sur les ondes de CBC. À mon arrivée à l’aréna, je fus interpellé par le producteur du réseau CBC, me demandant si j’étais intéressé à me joindre à Don Wittman et à Don Duguid comme analyste pour cette rencontre. Aucun des deux Don ne parlait français, et le producteur voulait s’assurer d’avoir un analyste qui pourrait suivre les conversations de l’équipe Roberge.

Ce fut une expérience enrichissante! Malheureusement pour le Québec, le Nouveau-Brunswick a vaincu celui-ci et allait affronter la Colombie-Britannique en grande finale le lendemain. Mon expérience d’analyste s’arrêtait là. Lorsque le producteur est venu me remercier de ma participation après la rencontre, il m’a demandé mon adresse, pour me faire parvenir mon cachet. Je lui ai tout de suite exprimé que ce n’était pas nécessaire, que l’expérience qu’il m’avait  permis de vivre était suffisante comme compensation, etc. Il m’a finalement dit qu’il devait me payer, c’était dans la convention syndicale, et qu’il se devait de me faire parvenir 1200 $. Je me suis alors empressé de lui laisser savoir que je parlais très bien le Nouveau-Brunswickois…. mais il n’a pas mordu à l’hameçon!

Il ne me reste plus qu’à me pratiquer dans la langue de Molière, ralentir mon tempo et améliorer mon articulation, j’en aurais besoin. 240 heures, ça en fait du blabla!



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