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Oui, je promets!

1/6/2012 - Posté par Guy Hemmings

Quand on parle de Nouvel An, on pense inévitablement aux nouvelles résolutions.  Pour la plupart des gens, c’est le temps de se faire à croire que l’on sera capable d’accomplir quelque chose que l’on ne réussit pas à faire durant les 364 autres jours de l’année. Mais en ce Premier de l’an, encouragé généralement par quelques coupes de mousseux, entouré de gens qui nous aiment et prêts  à nous supporter dans nos plus difficiles épreuves, on se lance dans des promesses de changements drastiques  de comportement. Finis la cigarette, la procrastination, les chips au vinaigre, la troisième bière avant souper. Bienvenus l’abonnement à Énergie Cardio, les accomplissements personnels,  le Tai-chi et le jus de canneberge.

On n’y échappe pas,  même pour les plus discrets qui  le font que pour eux-mêmes, l’année apporte avec elle  son plein de lueur d’espoir. Nous sommes, année après année, toujours et tous confiants que ce tournant annuel nous apportera l’énergie, le courage nécessaire qu’il faut pour nous permettre enfin de nous accomplir pleinement. On se demandera après cela pourquoi nos jeunes sont des fans finis de la pensée magique. Qui peut bien leur avoir mis une notion pareille dans le cervelet?

Pour les joueurs de curling, la situation est quelque peu différente : la période des Fêtes et la fin de l’année se veulent une pause avant la véritable saison, avant les qualifications régionales et les Provinciaux. Le Nouvel An et ses résolutions, c’est au mois de juillet que ça se passe. L’entre- deux saisons donne naissance à une panoplie de nouvelles équipes où tout un chacun de ces nouveaux membres s’engage, une  main sur le cœur, l’autre sur une altère quelconque, à se mettre en forme, à s’entraîner physiquement et mentalement, à se préparer du mieux qu’ils peuvent à bien jouer leur rôle dans cette nouvelle équipe. Durant la période estivale, les clubs de curling manquent,  au sens propre et figuré, de glaces pour bien servir toutes les ambitions des Champions en devenir. Si j’étais gérant de club de curling, j’offrirais aux compétiteurs des rabais de 75% pour les locations de glaces pour l’année à venir en m’assurant évidemment de les collecter en juillet également. C’est de toute beauté de voir le nombre de pierres qui se lancent dans la tête et dans les dires  des compétiteurs durant la période estivale. J’en ai  mal aux genoux rien que d’y penser!!!

Malheureusement, dans le temps des Fêtes,  c’est l’heure des constats. C’est l’heure de se rendre compte que l’on n’a pas pratiqué la moitié de ce que l’on prétend  avoir fait et pas le dixième de ce l’on aurait dû faire. C’est le moment où l’on retrouve notre bouquin traitant de psychologie sportive plein de poussière sur notre table de chevet, avec notre carte de membre d’Énergie Cardio comme marque-page au tout premier chapitre. Les kilos en trop sont encore là, on s’essouffle encore simplement à défaire l’arbre de Noël, et l’entraîneur qui nous avait offert ses services au début de l’année n’était pas sur la liste des invités du party de Noël.

Donc, la majorité des équipes devra amorcer les Régionaux en se fiant sur les trois éléments principaux de tout équipe championne des années antérieures qui n’avait pas fourni les efforts nécessaires pour s’assurer d’être compétitive : soit sur le talent naturel  individuel des membres de l’équipe, soit sur mesdames Chance et Opportunité, mais surtout sur le fait que leurs adversaires potentiels auront probablement suivi à peu près le même régime d’entraînement qu’elles durant les six derniers mois!

Heureusement pour les curleurs de certaines provinces comme le Québec, la loi de nombres joue en leur faveur. Jamais une équipe démontrant si peu de discipline et d’engagement réussirait à sortir du Manitoba, de l’Alberta ou d’une autre province avec un plus gros bassin de compétiteurs. Et tant qu’à être dans les bonnes nouvelles, on peut enchainer en disant qu’il y aura inévitablement une équipe gagnante, condition ou plutôt conséquence incontournable de tout championnat. Quelqu’un doit finir par gagner, peu importe le niveau de performance.

Pour les joueurs et joueuses qui n’auront pas su apporter des changements drastiques de comportements et qui ne réussiront pas à remporter leur championnat respectif, j’ose imaginer qu’ils ne seront pas trop déçus. Comment oseraient-ils espérer de nouveaux résultats quand les efforts et les engagements sont restés les mêmes?

Sur ce,  je vous laisse, je dois aller finir ma dernière bière, ma dernière cigarette et mon bol de creton de porc. Le coup de minuit approche…


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