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Calgary produit l’expérience de la Coupe continentale mémorable

Il serait dommage de dissoudre une équipe comme celle-ci : pourquoi pas garder exactement le même alignement pour la prochaine Coupe Continentale WFG, étant donné la victoire écrasante que nous venons de remporter à Calgary?

Équipe Canada avait beaucoup à célébrer sujet lors de la Coupe Continental World Financial Group 2015 à Calgary. (Photo, ACC / Michael Burns)

Équipe Canada avait beaucoup à célébrer sujet lors de la Coupe Continental World Financial Group 2015 à Calgary. (Photo, ACC / Michael Burns)

 

Évidemment je rigole, mais après la déroute qui s’est produite en fin de semaine dernière, la notion que l’ACC présente le même groupe d’équipes pour défendre le titre n’est pas si farfelue. Nous sommes conscients que la Coupe Continentale WFG est un privilège réservé aux équipes qui gagnent aux tournois Brier, Scotties et Coupe Canada l’an prochain, et nous savons aussi que toutes nos six équipes ne seront pas à Vegas janvier prochain.

La fin de semaine dernière à Calgary, Équipe Canada a obtenu le deuxième plus grand nombre de points dans l’histoire de douze ans de cet événement (mesuré en pourcentage du total des points disponibles; les 42 points sur 60 en 2015 est le deuxième meilleur, après les 298 sur 400 en 2011).

Nous avons eu la chance d'être en mesure d'utiliser à manger dressing principal de Hockey Canada.

Nous avons eu la chance d’être en mesure d’utiliser à manger dressing principal de Hockey Canada.

Dans mon dernier blogue, j’ai parlé du plaisir que nous prenons à participer à cet événement, et je crois que je parle au nom de tout le contingent canadien quand je dis que nous nous sommes follement amusés la semaine dernière à Calgary. Cela a commencé la toute première journée quand Paul Webster a usé de son influence pour nous procurer un accès aux vestiaires de Hockey Canada pour toute la semaine. Plutôt que de nous contenter des vestiaires typiques que l’on trouve dans n’importe quel aréna au Canada, nous disposions du vestiaire Hockey Canada, une installation de niveau LNH, avec une place réservée à chaque participant, une zone d’échauffement et de conditionnement, et un salon des joueurs décoré de toutes sortes de trophées de Championnat du Monde et d’images des équipes Hockey Canada qui étaient montées sur le podium international. Les Canadiens n’ont pas vraiment une prédilection pour arborer leur patriotisme, mais même les plus réservés de notre groupe admettraient que le fait d’être dans cet espace, vêtu des couleurs canadiennes, la feuille d’érable sur la poitrine, qu’il s’agisse de curling ou hockey ou jeu des puces…ça donne un bel élan avant les matchs.

Après avoir participé trois fois à cet événement, deux fois en tant que vainqueur et une fois en tant que vaincu, je ne saurais insister assez sur l’importance d’une dynamique d’équipe favorable. Il paraît que l’équipe qui ouvre une avance jeudi et vendredi profite de cet élan positif, et l’énergie augmente en boule de neige, à travers l’alignement entier – toutes les équipes se sentent fortes et confiantes, et jouent de mieux en mieux; personne ne veut être l’équipe qui inverse la tendance.

Ce n’était aucunement différent à Calgary : pour amorcer le tournoi jeudi, le Canada l’a emporté à toutes les trois rondes, et après ça nous avions le vent en poupe. Il semblait que, à chaque fois qu’il nous fallait un coup clé ou bien une grosse erreur de la part des Européens, nos souhaits ont été exaucés, et les points s’entassaient. Nous avions mis des objectifs sur un babillard au vestiaire : en premier, c’était 30,5 points pour remporter le titre, puis 37,5 points pour la prime, puis 40,5 pour la deuxième prime annoncée juste avant la dernière ronde. Cela a nourri notre motivation tout au long de la semaine; nous ne perdions jamais ces objectifs de vue.

Pour Équipe Morris en particulier, c’était une excellente opportunité de concourir, gagner et rayer de la mémoire les contretemps de l’automne de 2014. Je ne dirais pas que nous soyons imbattables, mais nous avons certainement rehaussé le niveau de notre jeu comparé à où nous en étions avant Noël, et c’est de bon augure. Puisque nous ne participons pas aux éliminatoires provinciales (ce n’est pas dire que je me plains!) nous avons relativement peu d’occasions de concourir et nous améliorer avant le Brier Tim Hortons, donc nous avions vraiment besoin d’utiliser la Coupe Continentale WFG pour nous améliorer, et je crois que nous avons accompli cette mission.

Je crois qu’en abordant la saison des fêtes, il nous aurait été facile de nous replier sur nous-mêmes et bouder. Mais je joue au niveau d’élite depuis suffisamment longtemps pour savoir que quand ça va bien ou quand ça va mal, ce n’est jamais si bon ni si mauvais que vous ne le pensiez. John, Pat, Carter et moi sommes tous de bons joueurs et nos compétences de curling ne nous ont pas abandonnés. Nous devons user de chaque match, chaque expérience, et déchiffrer la formule gagnante pour notre équipe. J’espère que la fin de semaine dernière nous a apporté des leçons valables à ce titre, et que le processus d’amélioration continue bon train.

Une dernier point, et pas le moindre : il faut mentionner les fans de curling qui ont rempli les tribunes dans l’aréna Markin MacPhail à Calgary. L’atmosphère en Coupe Continentale WFG est différente de tous les autres événements de curling, et c’est le seul endroit où vous verriez Jill Officer debout sur le banc faisant fonction de meneuse de claques pour tout l’aréna, ou Johnny Mo qui encourage la foule à faire la vague. Les fans de curling à Calgary la fin de semaine dernière ont fait salle comble, et ils ont encouragé ardemment Équipe Canada. Cela nous a donné un avantage sur la concurrence, nous a donné l’énergie pour continuer à jouer bien et mater l’équipe européenne. Carter, notre grand philosophe du curling, a regardé vers l’autre bout de la glace pour décider quel genre de lancer John devrait essayer, et il m’a dit «lance une double sortie énorme et la foule éclatera de joie.» Ce sont des paroles qu’on entend rarement dans un match de curling, et cela ne devrait pas être le cas.

S’il n’en tenait qu’à moi, j’aimerais voir exactement ce gendre d’atmosphère dans le Saddledome au mois de mars pour le Brier Tim Hortons. Les joueurs aiment ce type de passion, nous apprécions le bruit, l’enthousiasme, les cris d’encouragement pour les différentes équipes, les drapeaux qui s’agitent. Ça donne une énergie très spéciale, et je lance le défi à tout le monde qui viendra au Brier Tim Hortons en mars. Venez nombreux et bruyants, ne vous faites pas de soucis de nous déranger : encouragez votre province ou vos champions canadiens. Essayons de reproduire au Brier Tim Hortons l’atmosphère passionnante et agréable que nous avons eue en Coupe Continentale WFG. Montrons au monde sportif que les fans du curling ne sont pas des gens timides et réservés. Montrons à quel point l’atmosphère est excitante et bruyante. Ce n’est pas pour rien qu’on surnomme notre sport the Roaring Game. Montrez-moi que ce n’est pas seulement les joueurs qui rugissent…c’est tout l’aréna!

(Nolan Thiessen est un double champion canadien qui occupe le poste de premier dans l’équipe de John Morris, surnommée Équipe Canada, qui concourra au Brier Tim Hortons 2015, présenté par SecurTek, du 28 février au 8 mars à Calgary).