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Coup de folie avec Kaitlyn Jones

Cette semaine, John cause avec la grande voyageuse Kaitlyn Jones, qui a joué au curling dans cinq provinces, et qui a eu le plus de succès cette saison en Nouvelle-Écosse, ayant remporté le Mondial de curling junior avec son quatuor de Kristin Clarke et Karlee et Lindsey Burgess. Elle a cumulé plusieurs titres provinciaux aux niveaux junior et M-18, et elle espère protéger son titre à la prochaine édition du Mondial junior.

Bienvenue à Coup de folie, une série de Curling Canada où le comédien John Cullen s’entretient avec vos joueurs et joueuses favoris en vue de lancer une discussion où tous les coups sont permis. Chaque entretien consiste en huit questions, dont cinq questions régulières posées à chaque joueur ou joueuse, deux questions qui portent spécifiquement sur la personne interviewée, et une question qui aura été proposée par la personne interviewée précédemment.

Kaitlyn Jones, capitaine d’Équipe Canada, lance une pierre au Mondial 2018 de curling junior à Aberdeen, Écosse (photo FMC/Richard Gray)

1. Quel a été le meilleur coup auquel tu aies jamais participé?

Kaitlyn Jones: Lorsque je jouais en Saskatchewan, nous concourions en vue de nous qualifier aux Jeux du Canada d’hiver, et nous avons accédé aux séries finales, où il fallait défaire notre adversaire deux fois. C’était une de ces manches où les pierres étaient un peu partout, et nos adversaires pensaient qu’il n’y avait pas trop de possibilités pour nous. Elles ont lancé un peu trop fort avec leur dernier tir, et cela nous a permis d’exécuter un frappé indirect relativement facile pour cinq points.

John Cullen: Je trouve drôle que tu qualifies un frappé indirect de ‘relativement facile’. Rappelle-toi que je suis un simple premier.

KJ: [rire] Je te comprends. C’était une situation où ça semblait peut-être plus facile puisque l’autre équipe était convaincue que nous n’avions pas d’options, et puis nous leur avons piqué cinq points. Je pense que cela les a ébranlées, au point où elles ne se sont pas vraiment remises. C’était d’ailleurs le premier des deux affrontements, et je pense que ce tir-là a préparé la voie à la double victoire que nous avons fini par remporter.

2. Si on façonnait une figurine à ton image, quel accessoire (et je ne parle pas du curling) la complèterait?

KJ: Probablement une petite figurine Stitch – tu connais le personnage de Lilo and Stitch? C’est un personnage qui me fascine, donc je pense que ma figurine à moi serait accompagnée d’un petit Stitch.

JC: Ça risquerait de coûter cher; il faudrait payer les droits à Disney pour vendre Stitch avec ta figurine. D’où vient cette petite obsession à toi?

KJ: J’ignore même pourquoi je l’aime tant; je me suis éprise du film et de ce personnage particulier. Je me souviens d’une époque où on allait à Disney World et dans les boutiques Disney, et je convoitais une figurine Stitch à chaque fois où j’en voyais une. Il m’est très cher. C’est la seule explication que j’ai. [rire]

3. Imagine que tu vas braquer une banque : quels deux joueurs ou joueuses – et tu ne peux pas nommer plus d’une de tes coéquipières— choisirais-tu pour ton gang, et quel rôle jouerais-tu?

KJ: Je pense que je choisirais Satsuki Fujisawa, puisqu’elle est très petite et elle saurait se faufiler dans tous les petits recoins où il fallait probablement aller. En plus, elle est tellement charmante. Je pense qu’elle saurait distraire les caissières. Pour l’autre, je choisirais BJ Neufeld. Je ne sais pas pourquoi au juste, mais il a toujours l’air tellement sérieux, donc je pense qu’il serait très utile pour braquer une banque. Et puis moi, je m’entretiendrais avec les flics.

La capitaine japonaise Satsuki Fujisawa. Kaitlyn Jones: « Elle est tellement charmante. Je pense qu’elle saurait distraire les caissières. » (photo de Curling Canada/Michael Burns)

 

«Il a toujours l’air tellement sérieux, donc je pense qu’il serait très utile pour braquer une banque,» dit Kaitlyn Jones. Sur la photo, B.J.Neufeld, sur la glace avec Équipe WildCard au Brier Tim Hortons 2018 (photo de Curling Canada/Michael Burns)

 

JC: Bon, j’allais te demander si tu avais d’autres idées sur cette question puisque comme on sait bien, ton père est policier avec la Gendarmerie royale du Canada.

KJ: [rire] C’est vrai! Et c’est ce qui me qualifie pour m’occuper des pourparlers avec la police dans ce scénario, et la distraire un peu alors que Satsuki et BJ feraient leur truc dans la banque.

JC: Est-ce que tu as jamais usé de cet avantage? Par exemple, ton papa étant policier, ça pourrait être utile si tu te fais arrêter pour excès de vitesse.

KJ: En fait, j’ai vécu cette expérience, mais je n’ai pas usé de cette option puisque je pense que mon père serait fâché si je le faisais.

JC: Par contre, il serait encore plus fâché si tu braquais une banque, non? Cela me semble bien plus sérieux comme crime.

KJ: Oh, absolument! [rire] J’espère que, le jour où nous braquions la banque, ce ne serait pas son quart de travail, puisqu’il saurait m’arrêter sans hésiter.

4. De tous tes boulots, lequel a été le pire?

KJ: J’ai travaillé chez Boston Pizza, et le boulot en soi n’était pas trop terrible, cependant le rôle d’hôtesse n’était pas…bon, ce n’était pas la meilleure job au monde. C’est qu’on en sort perdant à tous les niveaux : le quart de travail est plus court, il n’y a pas trop à faire pour faire passer le temps, et on reste isolé; il n’y a personne avec qui on peut jaser.

JC: Ouais, ça n’a pas l’air trop stimulant. En plus, c’est assez naze d’avoir à «représenter» le restaurant, présenter une certaine image, surtout aux heures de pointe.

KJ: Exactement. Les clients m’engueulaient tout le temps pour des enjeux qui n’étaient pas de ma faute. Mais cela m’est arrivé également quand j’ai accédé au poste de serveuse. C’était beaucoup plus agréable comme travail, mais en même temps les gens se fâchaient beaucoup plus.

JC: J’ai vécu quelque chose de pareil. J’ai travaillé chez Safeway entre les âges de 15 et 19 ans, et il est vraiment incroyable les crimes qu’on impute aux jeunes. Par exemple, est-ce vraiment raisonnable de penser que moi je fixe les prix dans le magasin? Je ne suis qu’un étudiant au secondaire.

KJ: Précisément! Une fois, un homme a commandé une pizza et il a demandé spécifiquement qu’on n’y mette pas de champignons. Je ne me souviens plus du type de pizza, mais il a été trop clair qu’il ne voulait pas de champignons. J’ignore ce qui s’est passé dans la cuisine, mais il y avait un tout petit morceau de champignon sur sa pizza, et il a piqué une crise. Il m’engueulait devant tout le restaurant. Je lui ai dit que j’étais désolée et je lui ai offert un remplacement, qui est notre pratique habituelle, mais il a répondu que non, qu’il avait voulu une pizza sans champignons. Il a fini par partir en trombe. [rire]

On signe la feuille de match gagnante au Mondial 2018 de curling junior à Aberdeen, Écosse (photo FMC/Emil Gareev)

5. Te souviens-tu d’une notion ridicule à laquelle tu as cru pendant bien trop longtemps?

KJ: Bon, j’ai dû demander à mon père de m’aider avec cette question, et sa réponse à lui a été que j’avais cru pendant longtemps qu’il y avait une liste «de sages et de méchants» pour le Noël, ceci bien longtemps après que je m’étais débarrassée de la croyance que le Père Noël était réel.

JC: [rire] Mais comment est-ce possible?

KJ: Franchement, je ne suis pas sûre, mais je me souviens de regarder le film Elf, et il y a la scène où on consulte la liste, et je me souviens d’avoir dit à mes parents, ‘Tiens …la liste est réelle!!’ [rire] Je pense que j’avais l’idée en tête que les parents envoyaient cette liste à quelqu’un, quelque part? Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais sûre et certaine que c’était le cas. [rire]

JC: [rire] Peut-être que tes parents étaient très malins pour te convaincre qu’il y avait de bonnes raisons pour adopter un comportement sans reproches?

KJ: C’est une forte possibilité. Et peut-être j’y crois encore d’ailleurs. [rire] J’étais espiègle comme enfant, et pleurnicharde, donc ta théorie semble logique.

6. Passons aux questions qui portent spécifiquement sur Kaitlyn Jones. On me dit que tu fais ta part dans cette grande histoire d’amour entre le curling et le karaoké. Quelle est ta chanson favorite?

KJ: Oui, c’est vrai, je me plais à faire du karaoké, et il faut remercier mon ami, Mitchell Dales – qui est également joueur de curling – puisqu’il m’a fait découvrir Shania Twain pour le karaoké et c’était génial. Mais franchement, je chanterais n’importe quoi, n’importe quand, avec n’importe qui.

JC: As-tu une expérience particulièrement mémorable que tu peux nous raconter?

KJ: Le jour de mon 19ème anniversaire, Mitchell et moi sommes allés dans un bar karaoké et nous avons chanté «Sweet Caroline», mais il n’y avait pas de moniteur et nous ne pouvions pas nous entendre du tout. C’était un cauchemar. Je veux dire, c’est bel et bien la raison pour laquelle on fait le karaoké, pour entendre sa propre voix [rire] J’adore chanter et interpréter des rôles, mais en même temps j’ai tellement peur que tout le monde me déteste et que ma performance soit horrible. Imagine si on commençait à me lancer des tomates!

JC: Si les gens prenaient la peine d’apporter des tomates dans un karaoké, je serais vraiment impressionné et ce serait un honneur si on m’en jetait. [rire] Mais pas mal de personnes m’ont dit que tu es très bonne comme chanteuse, et je suis certain que tu as très bien fait avec Sweet Caroline cette nuit-là.

KJ: Personnellement, je dirais que ma voix est assez ordinaire, mais si on dit que je suis bonne, je suis toute contente d’entendre ça. [rire]

7. Un autre fait intéressant à ton titre, c’est que tu as joué au curling dans cinq provinces, qui est assez remarquable pour quelqu‘un de ton âge. Comment est-ce que cela s’est passé, et laquelle a été ta favorite?

KJ: Bon, comme on avait dit plus tôt, mon père est policier de la GRC et nous avons déménagé plusieurs fois pour son travail. J’ai commencé à pratiquer le curling dans ta province natale, la Colombie-Britannique, au Chilliwack Curling Club. J’avais sept ans, et j’y ai fait mes débuts comme curleuse. Puis nous avons déménagé à Ottawa et c’est le moment où je me suis mise à concourir. Je jouais avec une autre fille qui habite présentement en Colombie-Britannique, et je pense que tu la connais : Kayla McMillan. Et Kalissa Daley aussi. Nous avons eu un peu de succès et je me suis vraiment plu. Et puis nous avons déménagé dans la Saskatchewan.

JC: Ça devrait être dur, avec tous ces déménagements, pour trouver des équipes avec lesquelles tu peux jouer.

KJ: La Saskatchewan a été dure pour sûr. J’ai contacté quelques personnes là-bas, et il y avait une équipe qui voulait m’accueillir, mais elle cherchait une première ou une deuxième à l’époque, et jusque-là j’avais seulement occupé le poste de skip. L’entraîneur m’a dit que l’équipe tenait vraiment à m’avoir comme membre, et que ce serait l’entraîneur qui aurait le mot final sur l’allocation des postes. Après la première séance d’entraînement, l’entraîneur a annoncé que je serais capitaine. Je ne crois pas que le reste de l’équipe soit trop content de ça, mais nous avons surmonté cet écueil et nous avons connu du succès ensemble. Je pense que mon équipe de cette année a la meilleure dynamique de toutes. Je n’étais pas certaine où je voulais aller pour mes études postsecondaires, et l’année dernière au championnat national, Andrew Atherton m’a demandé si je considèrerais Dalhousie, puisque ces filles avaient besoin d’un skip. J’ai répondu à l’affirmative, et jusqu’à présent, je dirais que le déplacement à Halifax est probablement la meilleure décision que j’aie jamais prise.

La capitaine Kaitlyn Jones, arborant le vert saskatchewanais au Championnat canadien 2017 de curling junior (photo de Curling Canada/Bob Vanderford)

 

Un gros câlin de célébration entre la deuxième Karlee Burgess (à gauche) et la capitaine Kaitlyn Jones (à droite) au Mondial 2018 de curling junior à Aberdeen, Écosse (photo FMC/Emil Gareev)

8. C’est super. Je sis très content pour toi. La dernière question me vient par ton coéquipier au Mondial junior, Sterling Middleton. Il te demande de rappeler ton moment le plus gênant quand tu étais sur scène? Évidemment, il sait que tu fais du théâtre.

KJ: Certainement; c’est quelque chose dont nous avons discuté au Mondial, et en fait j’ai deux histoires à te raconter. À la deuxième comédie musicale à laquelle j’ai joué, qui s’appelait «The Wiz». Si vous ne la connaissez, c’est une espèce de narration du «Magicien d’Oz» où tous les coups sont permis. Je jouais le rôle du Messager, donc je n’avais pas trop de texte, mais c’était seulement ma deuxième pièce de théâtre et je voulais faire de mon mieux. À un certain moment, il y a une scène où on me traîne dans les coulisses, et les personnes chargées de cette tâche ont attrapé un de mes pieds dans le rideau de scène, et elles m’ont laissée tomber et me voilà à plat sur la scène. Les spectateurs ont ri et moi j’étais tellement gênée et perturbée. Ma deuxième pièce de théâtre, imagine-toi!

JC: [rire] Désolé de rire, moi aussi, mais ça a l’air vraiment drôle, quoi.

KJ: Maintenant, oui, on peut en rire, mais au moment même, c’était le comble. Tellement gênant. Et la deuxième anecdote vient en fait de la plus récente comédie musicale que j’ai faite, qui s’appelait «Urinetown». Évidemment, le thème est pisser …

JC: Attends, vraiment…une pièce sur l’urine? Je veux dire, j’ai entendu parler d’«Urinetown», mais je pensais que c’était un titre ironique, ou une référence à autre chose.

KJ: Si, il s’agit d’urine. [rire] Je veux dire, c’est censé être satirique, mais il y a pas mal d’humour qui tourne autour des toilettes. Et voici l’anecdote gênante : à un certain moment, il y a un type qui me jette une ventouse, et disons qu’il est entendu que cet objet vient tout récemment d’être utilisé. Donc pour obtenir cet effet, on remplit la ventouse de pouding. Et je laisse le reste à ton imagination.

JC: [rire] Cette pièce me semble vraiment géniale. Bon, tu n’étais pas trop contente de la connotation d’être recouverte de, bon… …

KJ: Oui, c’était un peu ça, mais en plus, le pouding me répugne. La texture est rébarbative, et donc à chaque fois où il fallait interpréter cette scène-là, j’avais l’air tellement dégoûtée. Il fallait le faire, pour la scène, mais je pense que les gens savaient qu’à ce point-là, je ne jouais plus. [rire] Puis on essayait de me débarbouiller après cette scène, mais le pouding finissait toujours par coller dans mes cheveux, et c’était comme du ciment. C’était tellement naze.

JC: Franchement, ça me semble génial. Je veux voir la vidéo de cette scène. [rire] Est-ce que tu aurais une question que je peux poser à mon prochain invité?

KJ: J’aime les questions hypothétiques : est-ce que je peux en poser une?

JC: Bien sûr! Je les aime aussi!

KJ: Bon, voilà : est-ce que tu préfèrerais lécher de la moutarde du pied d’un vagabond, ou prendre un bain dans le ketchup pour toute une année?

JC: Bon dieu. [rire] Tu vas me faire poser cette question dans une entrevue?

KJ: C’est une question difficile. [rire]

JC: Grand merci, Kaitlyn, et bonne chance pour la défense de ton titre junior l’an prochain!

Suivez John sur Twitter @cullenthecurler et Kaitlyn @ktjo21.

Équipe Nouvelle-Écosse célèbre sa médaille d’or au Championnat canadien 2018 New Holland de curling junior, àShawinigan, Que. De gauche en droite : la capitaine Kaitlyn Jones, deuxième Karlee Burgess, première Lindsey Burgess, troisième Kristin Clarke (photo de Curling Canada/Michael Burns)