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Coup de folie avec Sterling Middleton

Cette semaine, l’invité de John est Sterling Middleton : un natif de Fort St. John, Colombie-Britannique, ce joueur junior a déjà cumulé une impressionnante feuille de route. Médaillé d’or aux Jeux Olympiques de la jeunesse, double champion canadien junior, champion du monde junior et, tout récemment, champion collégial du Canada, Sterling s’est déjà fait un nom.

Bienvenue à Coup de folie, une série de Curling Canada où le comédien John Cullen s’entretient avec vos joueurs et joueuses favoris en vue de lancer une discussion où tous les coups sont permis. Chaque entretien consiste en huit questions, dont cinq questions régulières posées à chaque joueur ou joueuse, deux questions qui portent spécifiquement sur la personne interviewée, et une question qui aura été proposée par la personne interviewée précédemment.

Sterling Middleton (WCF/Richard Gray photo)

1. Quel a été le meilleur coup auquel tu aies jamais participé?

Sterling Middleton: Je pense que c’est quand nous avons réussi la double sortie pour quatre points contre Matt Hall aux finales du championnat canadien junior l’an dernier. Ironiquement c’est un des plus grands coups auxquels j’aie jamais participé, mais en fait j’y a contribué très peu. Pourtant, il faut dire que j’ai eu la meilleure perspective de tous pour regarder le dénouement de ce tir-là.

John Cullen: C’était un lancer mémorable puisqu’il vous a vraiment donné le contrôle du match.

SM: Je ne sais pas si nous avons contrôlé complètement le jeu dans la foulée de ce lancer, mais nous avions accordé un total de quatre points aux deux manches précédentes, dont deux sans le marteau et deux dans un vol. C’était vraiment important pour nous d’inverser la tendance, et puis les quatre points ont certainement bonifié la situation. En regardant la disposition des pierres dans la maison, je savais qu’un triplé était bien faisable, mais je n’étais pas si certain qu’il y en avait quatre, et ce quatrième point a été énorme pour nous, d’autant plus que la foule était dans notre coin. C’était un moment vraiment grisant.

JC: Je trouve drôle que tu dises que tu as eu peu à faire dans ce lancer-là, puisque c’était toi qui dirigeais le coup, mais j’imagine qu’avec les lancers pesants, il y a une limite à ce qu’on peut faire.

SM: Précisément. Je laisse la gestion à Tyler et je me contente de lui donner un check quand je reviens de l’autre bout de la piste. (rire)

2. Si on façonnait une figurine à ton image, quel accessoire (et je ne parle pas du curling) la complèterait?

SM: Ça semble dingue, mais partout où je vais, j’apporte un sac à dos. Je suis une personne très organisée, donc mon accessoire devrait être un sac à dos rempli de mes pièces de monnaie porte-bonheur et une bonne quantité de friandises.

JC: Ça va coûter assez cher, cette fameuse figurine, avec tous ces bibelots. Raconte-moi exactement ce qui se trouve dans le sac à dos.

SM: Cette histoire remonte aux Jeux du Canada. Je viens d’un assez petit village, et tout le monde savait que je me lançais sérieusement au curling de compétition, et on s’est mis à me passer des porte-bonheur. Par exemple, j’ai une pièce de cinq cents de 1962 qui est très cool. J’y ai laissé quatre balles de golf après une partie de golf, et elles y sont toujours. Des choses comme ça. S’Il y a des articles là-dedans quand nous remportons une grande victoire, ça doit rester là-dedans à tout jamais. SI j’achète un nouveau sac à dos, tout le contenu doit être versé dans le nouveau modèle.

JC: Donc si je te comprends bien, essentiellement tu transfères cette camelote de l’ancien au nouveau?

SM: (rire) Bon…je ne dirais pas camelote, mais il y a environ quatre ans j’ai eu mal à la gorge et quelqu’un m’a donné une pastille que je n’ai jamais prise. Elle est toujours dans le sac à dos. Le papier d’emballage se désintègre peu à peu, mais moi et cette pastille, nous avons vécu de belles aventures ensemble.

3. Imagine que tu vas braquer une banque : quels deux joueurs ou joueuses – et tu ne peux pas nommer plus d’un de tes coéquipiers— choisirais-tu pour ton gang, et quel rôle jouerais-tu?

SM: En fait, j’ai fait mes deux choix sans hésiter. En premier, il faut avoir quelqu’un pour distraire la caissière, faire son baratin, donc je choisis Ben Hebert pour ce rôle. C’est un gars très drôle, et c’est un grand costaud, donc il serait utile pour transporter les sacs d’argent. Puis pour le côté discrétion/stratégie, je propose mon skip, Tyler Tardi. Nous avons volé la dernière manche à quatre de nos matchs pour remporter la victoire au championnat canadien junior cette année, donc si une personne est capable de voler tant de manches que ça, les chances sont bonnes qu’elle ait un talent pour voler l’argent aussi, non? (rire)

Si on avait à braquer une banque, Ben Hebert serait le complice parfait; il pourrait distraire tout le monde avec la conversation. Même Brent Laing.(Michael Burns/Curling Canada photo)

JC: (rire) Qui saurait démentir un tel argument? Ça m’étonne d’ailleurs que davantage d’invités précédents n’aient pas remarqué la même chose à propos de leur skip. Puis toi, qu’est-ce que tu vas faire dans cette affaire?

SM: Je me charge de surveiller. Juste comme dans un match de curling. J’aurai la meilleure perspective de tous. Puis ils auraient besoin de quelqu’un pour leur tenir au courant de ce qui se passe en dehors. Par exemple : ‘Tiens…il y a un chien super mignon qui passe sur le trottoir devant la banque.’ Tu sais, des informations pertinentes comme ça.

4. De tous tes boulots, lequel a été le pire?

SM: Bon, être étudiant, c’est assez naze comme boulot. (rire) Comprends-moi bien : l’éducation est un incontournable de la vie, et c’est très avantageux, mais quand on est étudiant et on essaie de pratiquer le curling de manière sérieuse, ce n’est pas idéal. Nous essayons de prendre un ou deux cours de moins, pour mieux composer avec les nombreux déplacements en fin de semaine, mais il nous semble que nous sommes constamment en mode de rattrapage.

JC: Je te comprends. Est-ce que certains de tes profs ont été moins que sympathiques? Au niveau junior, mon horaire de compétition était bien moins ambitieux que le vôtre, mais tout de même j’ai eu des difficultés avec certains profs.

SM: Nous avons été chanceux jusqu’à présent, mais il faut seulement un prof qui vous boude pour gâter la sauce. Si un seul instructeur refuse de jouer le jeu pour ainsi dire, ça gâche tout. Par exemple, dans un des cours que je suis présentement, la présence et la participation font quinze pour cent de la note, donc je m’attends à un gros zéro là. (rire)

JC: Ah, vraiment, c’est nul, je suis désolé. Tiens – si je me souviens bien, tu prends quelques cours de commerce, non?

SM: Je suis inscrit au programme des sciences du sport au Collège Douglas, avec une concentration en récréation/santé, mais je prends tout de même quelques cours de gestion. J’espère qu’on m’y apprendra comment faire de l’argent dans le curling. (rire)

Sterling Middleton sur la glace avec son équipe de Douglas College, en route vers la médaille d’or au Championnat canadien 2018 ACSC/Curling Canada de curling collégial à Leduc, Alta. (Railene Hooper/Curling Canada photo)

5. Te souviens-tu d’une notion ridicule à laquelle tu as cru pendant bien trop longtemps?

SM: J’ai demandé conseil à ma mère pour cette question. Je pense que c’est le fait d’avoir assumé que je serais bon étudiant à tout jamais. En sixième ou septième année, j’étais un premier de classe et l’école était relativement facile. J’ai dit alors à ma mère que les études iraient comme sur des roulettes, et que j’allais décrocher un tas de bourses, être admis à l’université de mon choix, sans problème. Maintenant que je suis au collège, j’obtiens des notes de C et D et je m’emballe, je m’applaudis : ‘bravo, Sterling!’ (rire)

JC: Mec, je te comprends trop bien. Je ne faisais pas trop d’efforts moi non plus, puis à un moment donné j’ai reçu cette première série de mauvaises notes et je me suis dit ‘mais c’est quoi, ça?’

SM: J’ai reçu ma première B en sciences sociales en neuvième année, et c’était la pire journée de toute ma vie. Je suppose que c’était le moment où je me suis rendu compte que l’école ne serait pas chose facile. Mais c’était naze, ce cours de sciences sociales. J’aime beaucoup plus les mathématiques, les chiffres, donc j’ai justifié la note comme ça : c’était le produit d’un cours qui ne me disait rien, donc ça ne me faisait rien.

6. On passe maintenant aux questions qui portent spécifiquement sur Sterling Middleton, et en tout premier lieu il faut parler de ta chevelure. J’ai entendu dire que quelqu’un t’a dit à un moment donné que ta coiffure était tellement soignée, ça devait prendre quatre heures pour la faire, et tu as réagi comme si c’était le plus grand compliment que personne t’ait jamais fait. Tu es vraiment si obsédé que ça?

SM: (rire) Aïe. Bon, je ne cache pas que ma coiffure est un point de fierté. J’aime présenter une apparence soignée, et j’y investis un gros effort. J’y mets trois gels coiffants différents; c’est un coiffage en trois étapes.

JC: (rire) Comment, tu te sers de trois gels différents?

SM: Bon, je prends une douche et je me lave les cheveux quotidiennement. C’est important. Puis je mets du gel coiffant sur les cheveux humides, je sèche les cheveux, puis à nouveau avec le gel coiffant, et encore du séchage et encore du gel. Ça me prend une dizaine de minutes chaque matin. Les gars se moquent de moi puisque je me lève tôt pour le faire, mais quand je me vois sur une photo et j’ai les cheveux en beauté, je m’emballe.

JC: Tu te mets en mauvaise humeur si ta coiffure n’est pas comme il faut?

SM: (rire) Bon, d’après ce qu’on me dit, si je suis conscient que j’ai les cheveux en désordre, je deviens grincheux. Et de l’autre côté, tant la coiffure est belle, tant mon humeur s’améliore.

JC: Il faut dire que j’aime beaucoup les lunettes que tu portes cette année. Moi aussi j’ai des lunettes stylées, et je pense que c’est un aspect important de la mode pour le curling.

SM: Merci beaucoup. Drôle d’histoire à ce titre : je suis allé acheter les lunettes directement après l’examen oculaire, et j’avais encore les pupilles dilatées, et j’étais comme aveugle. Il fallait me fier complètement à la vendeuse. Elle m’a proposé six ou sept montures et je me suis fié à elle. Et je pense qu’elle a bien fait. Je suis complètement d’accord avec toi à propos des lunettes. Mon premier Zac Curtis, il est pile-poil sur la tendance avec ses verres. Et toi aussi. J’aime également les lunettes que porte David Mathers. C’est notre devoir de mettre le ton, quoi.

Tout est dans la coiffure et les verres : «Quand je me vois sur une photo et j’ai les cheveux en beauté, ça m’emballe,» dit Sterling Middleton. (WCF/Emile Gareev photo)

7. Le prochain renseignement me vient de ton skip, Tyler Tardi, qui affirme que tu es un héros à ses yeux. Donc je te pose cette question : est-ce que tu es le héros de Tyler?

SM: Bon, je suppose que je peux confirmer que oui, effectivement, je suis le héros de Tyler Tardi. Il me le dit au moins une fois par semaine, donc ça devrait être la vérité, non? (rire) Mais en toute sincérité, je ne me vois comme héros à personne, et certainement pas quelqu’un qui a accompli beaucoup plus que j’ai fait moi-même. C’est lui qui devrait être mon héros. J’apprécie vraiment le compliment, même si c’est dans un contexte sarcastique.

JC: Tu me dis que Tyler t’appelle son héros une fois par semaine? Sans mentir, ça sonne le sarcasme.

SM: Qui sait? Je l’accepte tout de même comme un compliment. La première fois, j’étais surpris; je pense qu’il l’a dit puisque j’avais vraiment bien joué, ou j’avais réussi un lancer particulièrement splendide. C’était notre première saison ensemble et nous ne nous connaissions pas très bien, et quand il a dit ça, je me suis dit ‘bon, nous en arrivons à un certain niveau de confort, c’est bien.’ Et puis c’est devenu un truc, un rituel.

JC: Mais est-ce qu’il te l’a jamais dit sur un fond d’Enrique Iglesias? Je pense que pour le prendre complètement au sérieux, il faut avoir la chanson aussi.

SM: Tu sais, il ne l’a jamais fait comme ça. Et tu as raison : s’il n’a pas fait un tel effort, est-ce qu’il est vraiment sincère? Il doit élever son niveau, il me semble.

“Je suis le héros de Tyler Tardi. Il me le dit au moins une fois par semaine, donc ça devrait être la vérité, non?” (Curling Canada/Michael Burns photo)

8. La dernière question nous vient de Casey Scheidegger, qui me dit qu’elle a consulté sa classe de neuvième année pour choisir une question, donc je suppose que la question vient effectivement de sa classe. La voici : si tu allais aux Jeux Olympiques pour un sport autre que le curling, lequel serait-ce, et pourquoi?

SM: Bon, en tout premier lieu, je suis flatté d’apprendre qu’elle discutait de moi avec sa classe, donc gros merci pour cela. Pour répondre à la question, le pense que les personnes qui me connaissent diraient que ça devrait être le golf. Je travaille dans un terrain de golf et j’y joue presque tous les jours en été. J’ai un handicap relativement bas, donc je pense que c’est le choix naturel. Mais il faut dire, en regardant les Jeux Olympiques et en apprenant un peu plus sur les autres sports, le patinage artistique en couple me tente vraiment. Tu sais…ça te donne la possibilité de danser sur la glace avec de jolies femmes, les soulever au-dessus de ta tête, les porter dans tes bras? Et c’est un sport? C’est super, non?

JC: Oui, ça a l’air passionnant. Et aux Jeux Olympiques cette année Scott Moir et Tessa Virtue ont certainement été les coqueluches des médias et du public.

SM: Exactement, tout le monde les aimait, et le sport est devenu très populaire. J’ai du chemin à faire si je veux y faire carrière, et je ne sais même pas si je suis assez grand, physiquement. Je devrais probablement me contenter de la danse sur glace, plutôt que la discipline en couple, à cause de ma taille. Mais je pourrais être une star.

JC: Et dernièrement, ma prochaine invitée sera Kaitlyn Jones, ta coéquipière au Mondial de curling junior, qui est également médaillée d’or. Tu as une question que je peux lui poser?

SM: Certainement! Nous nous sommes connus un peu mieux en Écosse, et j’ai appris qu’elle a un grand sens artistique; elle aime faire du théâtre et chanter, et je sais qu’elle a joué dans bon nombre de pièces. Tu peux lui demander de rappeler son moment le plus gênant quand elle était sur scène?

JC: Parfait, c’est une excellente question. Il faut admettre que j’ai peu d’infos à propos de Kaitlyn, donc c’est un beau morceau que tu me sers. Merci beaucoup Sterling, et bonne chance pour la saison prochaine avec ta nouvelle équipe!

Suivez John sur Twitter @cullenthecurler.

Sterling Middleton (WCF/Emile Gareev photo)