Historique du curling

Bibliothèque et Archives Canada détient l’une des plus riches collections de documents sur le curling provenant de divers organismes régionaux, nationaux et internationaux. Le site Bonspiel! présente un échantillonnage de ces annales, regroupées sous le thème du plaisir associé à ce sport qu’on pourrait presque qualifier de national.

Consultez la collection : www.collectionscanada.gc.ca/curling/index-f.html. Consultez le site Web du Temple de la renommée et musée du curling de Curling Canada : www.curling.ca/hof/

Comment le curling a-t-il commencé au Canada?
Extraits de Canada Curls: An Illustrated History of Curling in Canada, par Doug Maxwell (Whitecap Books, 2002)

Les nouveaux arrivants écossais [avant la Confédération]… avaient des antécédents de curling dans leur histoire [et] il y avait aussi d’autres personnes qui voulaient alléger les longs hivers en faisant une activité sportive et ils se sont demandé si le curling pourrait être la façon d’y arriver.

Les changements [au moment où le sport se développait] inclurent le passage de la glace en plein air à des patinoires couvertes, la multiplication des matchs amicaux entre les villes voisines, l’avènement de la glace artificielle, la construction de routes et du chemin de fer, la croissance des communications et, éventuellement, les compétitions régionales et provinciales, les championnats nationaux, les championnats du monde et les Jeux olympiques.

Le curling est devenu un élément essentiel de la culture du Canada. Grâce à sa longue histoire, il est devenu un sport attrayant pour tous les niveaux de la société et pour les participants de tout âge – une conviction à vie.

Premières pierres de curling au Canada
Les premières pierres à être utilisées dans la seconde moitié du XVIIIe siècle [au Canada] étaient des « pierres » en fer en forme de bouilloires. Elles pesaient environ 60 à 80 livres [27 à 36 kg] chacune pour les hommes et 40 à 48 livres [18 à 21 kg] pour les femmes.

Il n’y a aucun document, en Écosse ou ailleurs, qui mentionne des pierres en fer. Lorsque vingt marchands de Montréal furent élus pour former le Club de curling de Montréal en 1807, ils ont commencé à utiliser des pierres en fer exclusivement.

Le Club de curling de Montréal et l’année 1807 sont tous deux importants; ce club de curling est devenu le premier club sportif organisé en Amérique du Nord. Des « pierres » en fer ont été utilisées à Montréal et dans toute la vallée de l’Outaouais jusqu’au milieu des années 1900. Aujourd’hui, on peut les retrouver dans différentes parties du pays, dans des présentoirs de trophées, comme des sentinelles de la ligne de jeu, comme curiosités historiques, voire comme des arrêts de porte dans le club local.

Ces dernières années, les pierres de curling en granit ont été fabriquées en Écosse, mais le granit a été extrait des montagnes Trefor du pays de Galles. Pourtant, beaucoup de personnes ont demandé pourquoi le Canada, dont au moins la moitié est nichée dans le bouclier précambrien, avec sa richesse de granit, avec plus d’un million de curleurs et plus de 1 100 clubs, n’a pas été en mesure de produire des pierres adéquates pour le jeu.

Il semblerait qu’on ne pouvait rien trouver pour remplacer le granit de l’île d’Ailsa Craig, parfois connue sous le nom de Paddy’s Milestone, située dans la mer d’Irlande au large de la côte d’Ayrshire, en Écosse. Le granit d’Ailsa Craig est le granit le plus dur, le plus pur, le plus dense encore existant. Il est imperméable à l’humidité, contrairement au granit plus grossier qui gèle, prend de l’expansion et fait ressortir les impuretés de la pierre de moindre qualité, lui donnant une surface de glisse imparfaite.

Au cours des premières années du curling, il n’y avait pas de dimensions spécifiques pour la pierre de curling, ni de hauteur, poids, diamètre ou circonférence. On a joué les premiers matchs avec des pierres de différentes tailles, formes et poids – de petites pierres qui pouvaient se glisser dans une ouverture étroite et d’énormes pierres qui faisaient d’excellentes gardes qui, une fois en place, étaient impossibles à bouger.

Peu de temps après la formation du Grand Caledonian Curling Club en Écosse, en 1838, il y a eu un élan vers la normalisation des pierres. Mais, même une fois les mesures de base établies, il y a eu une grande controverse concernant la semelle de la pierre et pendant longtemps, la question de la surface de glisse a fait l’objet de beaucoup de débats. Devrait-elle être plate, concave, convexe? Quelle était la meilleure, la plus prévisible?

Le sport se déplace vers l’Ouest avec la voie ferrée
Une fois que le dernier crampon du chemin de fer Canadien Pacifique a été enfoncé en 1885, le CFCP a entrepris la conversion d’une grande partie de la terre qui lui avait été donnée en terres agricoles. Ses efforts en matière d’immigration, en particulier en Grande-Bretagne, en Europe et en Ukraine, ont contribué à défricher l’Ouest. Et comme les colons qui se sont déplacés de l’Est du Canada et des États-Unis pour se joindre à ceux de l’étranger, le curling a fait de même et est rapidement devenu un élément essentiel des nouveaux villages et des villes.

En 1879, le premier club de curling du Manitoba a été formé, à Winnipeg. Le premier match a eu lieu le 11 décembre et, comme c’était la coutume, les perdants ont dû faire don d’un baril de farine d’avoine à l’hôpital.

Cette même année, 1879, a marqué les premiers matchs de curling en Saskatchewan, à Prince Albert, Rosthern et Battleford. Il a fallu attendre dix ans de plus avant que le curling n’arrive à Regina.

En Alberta, le premier club de curling a été formé à Lethbridge en 1887. Bien qu’il y ait eu du curling à Calgary depuis 1885, ce n’est qu’en 1888 que le Club de curling de Calgary a été officiellement formé et affilié à la division du Manitoba du « RCCC ». Le curling a fait ses débuts à Edmonton la même année – 1888. En 1889, le curling est arrivé à Macleod, Banff et Anthracite. L’arrivée du chemin de fer a non seulement aidé à ouvrir les contreforts, mais il a également facilité grandement les déplacements entre les centres de curling. Le curling était en plein essor.

Les mineurs écossais ont introduit le jeu à l’intérieur de la Colombie‑Britannique vers la fin du XIXe siècle. Le premier club a été formé à Kaslo, en 1895 et dans l’espace de trois ans, la Kootenay Curling Association a été l’hôte d’un bonspiel qui a attiré dix-huit équipes de Rossland, Sandon, Revelstoke et Kaslo.

Le curling et l’armée
Historiquement, le curling au Canada a toujours été lié à l’armée et son pendant civil : la force de police. C’est l’armée qui a fait connaître le curling au Canada et les premiers récits du jeu sont remplis de références au colonel Smith ou au major Jones ou au commissaire de police. Lorsque les premiers régiments ont été dissous au Canada et que leurs membres ont reçu des étendues de terre, les officiers du régiment sont devenus l’élite de la nouvelle communauté et ont souvent formé les premiers clubs de curling.

En 1910, il y a eu un important changement sociétal qui a contribué à promouvoir le curling partout. D’abord aux États-Unis, puis au Canada, la semaine de travail de cinq jours a été introduite, d’abord lentement, puis avec une prévalence croissante. « La fin de semaine », avec toutes ses répercussions sur la poursuite de loisirs prolongés, était arrivée.

L’ouverture des provinces de l’Ouest avec des routes pavées a contribué encore plus à la croissance du curling. Au début, dans les Prairies, de petits clubs à une ou deux pistes ont été construits à proximité du domicile des curleurs, mais à mesure que les autoroutes ont remplacé les chemins de terre et que la popularité des voitures s’est accrue, il est devenu de plus en plus facile pour les curleurs de se rendre à un nouveau club ayant plus de pistes de jeu, où un plus grand nombre de personnes pouvaient se rassembler.

La plupart des clubs n’avaient rien de sophistiqué. Ce qui était important était le sentiment d’appartenance, de participer à un jeu qui attirait la plupart des membres de la communauté.

Introduction aux effets intérieurs et extérieurs
Les curleurs tiennent pour acquis qu’il y a toujours eu des effets intérieurs et extérieurs lors du lancer de la pierre. Ce n’est pas le cas.

En Écosse, à la fin des années 1700, les curleurs lançaient simplement leurs pierres sur la glace, poignée en position droite, sans effet. Puis, les curleurs de la paroisse de Fenwick (prononcé Fen-ick) ont découvert que s’ils faisaient un mouvement de rotation, ou comme ils l’appelaient, un « twist », avec la poignée lors du lancer, leur pierre contournerait la pierre de l’équipe adverse et serait cachée.

Le tumulte qui a suivi à propos de cette méthode « illégale » de jeu menaçait de diviser le jeu.

Certains ont dit : « Ce n’est pas du curling. » Quelques curleurs de l’époque voulaient que la rotation soit interdite parce qu’elle allait à l’encontre de l’esprit du jeu. Le curling, disaient-ils, demande et nécessite des lancers droits. D’autres se sont dit que si les curleurs de Fenwick pouvaient faire en sorte que leur pierre en contourne une autre et se cache derrière une garde, ils pourraient eux aussi apprendre la même manœuvre « illégale « et battre les Fenwickiens à leur propre jeu. C’est ainsi que les in-hand (effet intérieur) et out-hand (effet extérieur) ont vu le jour.

Selon certaines sources, la rotation au curling n’est pas apparue au Canada avant environ 1840. Jusque-là, la pierre était lancée (surtout) avec la poignée droite.

Mais malgré tous les changements apportés au fil des ans, le curling est néanmoins un jeu avec le moins de règlements possible; c’est encore un jeu qui repose sur la volonté des joueurs eux-mêmes de suivre les règlements, écrits et non écrits.

Comment le lancer au curling s’est-il développé?
Dans les débuts du jeu canadien, quand un joueur de curling lançait la pierre du bloc de départ, il faisait peut-être un pas ou deux après le lâcher de la pierre, mais il n’y avait pas de glissement. Des années s’écouleraient avant que certains curleurs découvrent que l’impulsion de leur élan donne lieu à une glissade involontaire du bloc de départ plutôt qu’à quelques pas.

En lançant la pierre, certains Canadiens arrivaient parfois à glisser jusqu’à l’arrière des cercles. Il ne fallut pas attendre longtemps avant que certains des meilleurs curleurs puissent atteindre la ligne du « T ». Ken Watson, créateur de la « longue glissade », pouvait glisser aisément jusque devant les anneaux, et au-delà.

Bientôt, ce fut la glissade qui captiva les nouveaux arrivants. Pour produire une glissade gracieuse, les curleurs ont essayé plusieurs méthodes pour améliorer leurs chaussures : soudure liquide, cuir vieilli, côtés de plastique des cartons de lait – toutes ont été tentées et, dans une certaine mesure, toutes ont fonctionné. Puis vint le Téflon, le glisseur de brique rouge et à mesure que d’autres matériaux améliorés ont fait leur apparition, il est vite devenu évident qu’un curleur pouvait glisser sur n’importe quelle distance qu’il désirait.

D’où viennent les infractions à la ligne de jeu?
Selon les curleurs écossais, le terme [« hog-line »] vient de l’agriculture écossaise. Dans un pays où tant de moutons étaient élevés, un agneau dans sa première année de vie était appelé un hog (cochon). Avec le temps, le mot a fini par représenter un traînard, un faible, le plus susceptible d’être la proie des prédateurs ou d’être retiré du troupeau. De même, une pierre qui pouvait à peine se rendre dans l’aire de jeu a été appelée un hog (cochon) et a donc été retirée du reste.

Introduction des chronomètres
[Avec le temps], de nouveaux règlements allaient être établis pour aider à améliorer le jeu. Il y a eu un élan en 1989, qui, par nécessité, a entraîné l’utilisation des chronomètres au curling. C’est l’année où le CIF a intégré le Championnat du monde féminin avec celui des hommes, à Milwaukee. Avec ce doublement de matchs, les organisateurs s’inquiétaient que les matchs traînent en longueur et soient difficiles à gérer. La solution? L’utilisation de chronomètres.

La recherche initiale sur les chronomètres avait commencé en 1983 et quand The Sports Network (TSN) a présenté les chronomètres aux matchs de skins en 1986, ils se sont avérés une addition populaire au jeu, parce que le chronomètre limitait la durée du match de l’équipe à un laps de temps déterminé.

Lorsque les organisateurs de Milwaukee, en 1989, se sont inquiétés de la programmation de quatre ou cinq matchs par jour, les chronomètres ont été en fait la planche de salut de l’événement. Ils sont présents dans le curling de haut niveau depuis ce temps.

Introduction de la zone de garde protégée (ZGP)
Le règlement de la « zone de garde protégée » a été adopté deux ans plus tard, comme modification lors d’une compétition pour de gros prix en 1991, le Moncton 100. L’événement était conçu comme célébration du centenaire de la ville de Moncton, et avec 250 000 $ en prix, c’était le tournoi le plus payant au monde.

Pour ajouter de l’attrait à l’événement, une des équipes concurrentes, le quatuor de Russ Howard de l’Ontario a suggéré un changement de règlement semblable à l’un des exercices d’entraînement de son équipe : aucun des deux adversaires ne serait autorisé à retirer les quatre premières pierres de la manche, qu’elles soient ou non dans les cercles. Ils pourraient déplacer les pierres, mais pas les retirer.

Le règlement, surnommé The Howard Rule, s’est avéré un ajout populaire à l’événement de Moncton. Un an plus tard, quand le règlement fut rebaptisé zone de garde protégée et qu’une modification lui a été apportée, il est devenu une caractéristique des Jeux olympiques d’hiver de 1992. La modification olympique restreint la zone de garde protégée à une zone située entre la ligne de jeu et la ligne du « T » à l’extérieur des cercles. Alors que par la suite, le Canada a opté pour une règle de trois pierres dans la ZGP, le reste du monde a préféré le règlement de quatre pierres.

Naissance du Brier
Le bonspiel annuel du Manitoba est devenu l’événement dominant du sport et une compagnie, la W.C. Macdonald Tobacco Company de Montréal, est devenue un grand bienfaiteur et un catalyseur du jeu.

En 1924, George J. Cameron, un curleur enthousiaste de Winnipeg, a fait part de son rêve d’unir l’Est et l’Ouest du Canada au moyen du curling. Cameron était le président de W. L. Mackenzie and Company, le représentant de l’Ouest de la Macdonald Tobacco Company depuis 1880. Deux de ses amis, Walter Payne, connu sous le nom du « baron du curling » du Manitoba et John T. Haig, ancien président de la Manitoba Curling Association, ont encouragé son point de vue.

La Société Macdonald a accepté d’aider à la mise en place du trophée Macdonald Brier, comme élément clé du bonspiel du Manitoba de 1925. En plus de recevoir l’honneur d’avoir leurs noms gravés sur un magnifique trophée en argent (plus tard rebaptisé le trophée British Consols), les gagnants recevraient un voyage toutes dépenses payées dans l’Est du Canada, pour une série de matchs amicaux contre des équipes de l’Est. En 1925, le vainqueur fut Howard Wood de Winnipeg, dont l’équipe composée de Johnny Erzinger, Vic Wood (frère) et Lionel Wood (fils) a voyagé dans l’Est au printemps de 1925.

En 1926, les gagnants du trophée Macdonald – l’équipe de George Sherwood – se sont rendus dans l’Est pour participer au célèbre Bonspiel de Québec, où ils ont remporté le trophée Holt Renfrew. Cette deuxième visite a attiré une plus grande attention et les conversations ultérieures entre Cameron et Thomas Rennie de Toronto (et d’autres) ont mené au concept d’un événement national, avec un match inaugural au Granite Club de Toronto, en 1927.

C’est ainsi qu’est né le championnat national de curling canadien connu sous le nom de Brier (une marque de commerce de Macdonald Tobacco).

Contrairement à de nombreux autres championnats sportifs, dans lesquels les joueurs sont regroupés dans des environnements élégants et luxueux, loin des amateurs qui soutiennent l’événement, le Brier rassemble les curleurs et les amateurs de curling, habituellement dans un lieu de rassemblement connu sous le nom de Brier Patch.

Il y a toujours eu un lieu de rencontre au Brier, mais jamais aussi élaboré que le Patch.

Le premier Brier Patch (sous ce nom) a été établi par le comité de Brandon de Don Pottinger, en 1982. Il est demeuré un élément du Brier depuis ce temps.

Un championnat national de curling pour les femmes
Il a fallu attendre les années 1950 avant que le curling féminin dépasse les frontières provinciales d’une manière organisée. À l’époque, il y avait un Championnat féminin de l’Ouest canadien, commandité par la Compagnie T. Eaton. Dans l’Est, il y avait des championnats provinciaux individuels (Macdonald Tobacco, par exemple, a commandité un événement pour les femmes au Québec), mais il n’y avait pas de championnat pour tout l’Est du pays. Dans les cercles de curling féminin, on se disait qu’il serait merveilleux d’avoir son propre championnat comme le Brier.

En février 1960, l’Association canadienne de curling féminin (ACCF) a été formée, avec Hazel Watt comme première présidente. Lors de la réunion inaugurale, John Hull de Public Relations Services Limited (PRSL) était là pour présenter un plan de commandite au nom de Dominion Stores Limited.

L’année suivante, le Diamond D a adopté le format du Brier de dix équipes provinciales rivalisant pour une couronne nationale. Les équipes ont été rassemblées à Ottawa et l’événement s’est avéré être instantanément populaire. Le titre de 1961 a été remporté (comme en 1960) par l’équipe de Joyce McKee, cette fois avec les nouvelles première et deuxième, Barbara MacNevin et Rosa McFee, pour accompagner la troisième, Sylvia Fedoruk. McKee allait remporter une troisième couronne, en tant que capitaine, en 1969 et trois autres championnats canadiens comme deuxième pour Vera Pezer. Entre elles, McKee et Pezer ont aidé à établir et à consolider la notoriété du Championnat canadien féminin.

En 1979, sous la pression de plus en plus forte de l’orientation antitabac du gouvernement canadien, Macdonald Tobacco, a retiré à contrecœur son soutien à la fois du Brier et du Lassie… et pour les deux prochaines années, l’ACFC a géré son propre championnat.

En février 1982, le premier Tournoi des Coeurs de Scott a eu lieu à Regina, avec [l’ancienne curleuse championne du monde et ancienne employée des Papiers Scott Ltée, Robin] Wilson agissant à titre de coordonnatrice. Aujourd’hui, le Tournoi des Coeurs de Scott est le plus ancien événement national commandité au Canada.

La combinaison d’une promotion adroite, de jeu habile et d’une couverture complète de l’événement à la télévision ont contribué à ce que le Tournoi des Coeurs [Scotties] devienne un élément essentiel de la scène canadienne de curling.

Pour terminer…
À un certain niveau, il semble y avoir peu en commun entre le curling qui a fait son apparition au Canada en 1759 et le jeu d’aujourd’hui. Jadis, on utilisait des pierres de fer, maintenant on utilise des pierres de granit. Autrefois, on jouait à l’extérieur sur la glace naturelle, maintenant on joue à l’intérieur sur de la glace artificielle. Au début, la chance jouait un rôle important, les habiletés un moindre rôle dans le résultat final; maintenant, les habiletés sont les principales composantes de la victoire, même si la chance demeure toujours un facteur. Il semble que ce soit deux jeux différents, anciennement et maintenant.

Mais regardez de plus près, il est évident que ce jeu qui a connu des débuts modestes dans un nouveau pays présente une ressemblance frappante avec le jeu qui captive tant de Canadiens aujourd’hui. C’est un jeu qui attire les Canadiens de tout âge et de tous les niveaux, dans chaque province et territoire. C’était un jeu glissant alors et ça l’est toujours. Le rire et la camaraderie abondent.