Tous les articles / Nos histoires / Coup de folie avec Laura Walker

Coup de folie avec Laura Walker

Cette semaine, John s’entretient avec la nouvelle Laura Walker (Crocker auparavant), championne canadienne junior, médaillée d’argent et de bronze respectivement aux Championnats du monde junior et double mixte, et toute première gagnante de la Coupe du Monde de curling en double mixte avec son partenaire, Kirk Muyres. Laura s’apprête à étrenner une toute nouvelle équipe, cette saison, avec les expérimentées Cathy Overton-Clapham et Lori Olson-Johns, de même que Laine Peters, en plus d’ajouter des compétitions à son calendrier de double mixte.

Bienvenue à Coup de folie, une série de Curling Canada dans laquelle John Cullen s’entretient avec vos curleurs préférés pour des entrevues comme vous n’en avez jamais vu. Chaque entrevue comprend huit questions : cinq questions identiques pour chaque curleur, deux questions spécifiques à chacun, et une question suggérée par le joueur interviewé précédemment.

Laura Walker surveille sa pierre durant la Coupe du monde de curling 2018 à Suzhou en Chine. (Photo WCF/Céline Stucki).

1. Quel est le meilleur coup auquel tu aies jamais participé?

Laura Walker : Je dirais qu’il y en a eu plusieurs mais à cause du contexte, je choisirais un coup alors que je jouais chez les juniors avec Rachel Homan. J’étais deuxième, je pense, et nous jouions en finale du Championnat canadien junior. Le partie était serrée; je pense que nous étions en sixième manche (note de l’éditeur : en effet), et nous n’avions pas le marteau. Rachel aurait pu placer une garde et nous aurions pu facilement les forcer à se contenter d’un point, mais elle a décidé de jouer une sortie montée pour marquer trois points.

John Cullen : Et quand Rachel décide quelque chose…

LW : Elle va le faire. Tout à fait. C’est amusant parce que je me rappelle que nous avons demandé un temps d’arrêt. S’amène donc Earle Morris, un entraîneur vraiment légendaire, et il dit aussitôt : « Placez une garde.» Rachel ne voulait rien savoir. Elle est comme ça : quand vous voyez cette farouche détermination dans ses yeux, vous savez qu’elle va le faire. C’est pourquoi elle est si bonne. Je n’aurais jamais osé dire à Earle que je ne l’écouterais pas. (Rires). Pas besoin de préciser qu’elle a réussi son lancer et nous avons marqué trois points qui ont grandement contribué à notre victoire.

Laura (Crocker) Walker (à gauche) et Emma Miskew (à droite) amènent la pierre dans la maison sous les encouragements de la capitaine Rachel Homan au Championnat canadien junior de curling à Sorel-Tracy (QC), en 2010. (Photo Curling Canada / Michael Burns).

2. Si on faisait une figurine à ton image, quel accessoire sans rapport avec le curling devrait-on utiliser?

LW: Il y en aurait deux : un chat sous un bras et une tasse de café dans l’autre main. Avec notre horaire, Geoff (Walker, le premier de Brad Gushue et le mari de Laura) et moi ne pouvons pas avoir de chat, donc on les héberge. Quand nous sommes à la maison pour deux semaines de suite, nous hébergeons des chats, mais on ne peut pas en garder un.

JC: Je connais des gens qui hébergent des chats, et ils disent tous que c’est impossible de ne pas les garder.

LW: Ça nous est arrivé avec notre dernière chatte, qui est décédée l’an dernier. Elle n’avait pas de foyer, et nous sommes tombés en amour avec elle. Nous avons essayé de l’envoyer sur la ferme de la soeur de Geoff, mais ce n’était pas une chatte d’extérieur, alors nous l’avons gardée. Elle était tellement gentille.

JC: En parlant de café, as-tu des goûts bizarres?

LW: Non, juste du café ordinaire. Donnez-moi une tasse de ce que vous avez. Peut-être un latté de temps en temps, mais rien de trop exotique. Et très chaud. Rien de pire qu’une tasse de café qui refroidit trop vite.

3. Si tu devais cambrioler une banque avec deux autres curleurs – tu ne peux pas choisir plus d’une coéquipière – avec qui ferais-tu équipe, et quel serait ton rôle?

LW: Ah, je ne choisirais certainement pas mes coéquipières! (Rires). Laine aurait bien trop peur, et les deux autres ne seraient pas terribles non plus. En fait, je prendrais deux coéquipiers, mais pas les miens: Ben Hebert et Colton Flasch.

JC: Un duo de choc, c’est sûr.

LW: Justement. Ils sont tous les deux énormes et intimidants, mais en secret ce sont deux vrais bons gars. Je suis certaine qu’ils me sauveraient si j’avais des ennuis. (Rires.)

JC: C’est bien que tu dises que ce sont deux bons gars en secret, comme si tout le monde pensait le contraire! (Rires).

LW: Bon, secret n’était peut-être pas le mot juste, mais comme ils sont imposants et qu’ils balaient bien, ils sont peut-être un brin intimidants. Colton est un gars tranquille, mais super gentil. Pas le meilleur danseur, par contre. (Rires). Nous sommes allés danser après la Coupe du monde en Chine, et il m’a échappée; je suis tombée sur un sac de balais (rires). Va falloir travailler là-dessus.

Laura Walker: “Colton est un gars tranquille, mais super gentil. Pas le meilleur danseur, par contre.” (Curling Canada/Michael Burns photo)

4. Quel a été ton pire travail?

LW: Je lisais l’entrevue avec Kaitlyn Jones, la saison dernière. Comme elle, j’ai été serveuse chez Boston Pizza. Je confirme que ce n’était pas terrible. Une fois, j’ai passé tout mon quart de travail à nettoyer des marques de crayon sur les chaises hautes.

JC: Tout ton quart? Ça n’a pas l’air trop difficile.

LW: Okay, je vais aller chez vous avec des crayons et je vais dessiner partout. On va avoir après si tu aimes ça (rires). En général, d’ailleurs, je ne fais pas les choses que je n’aime pas. Si j’avais vraiment un mauvais travail – Boston Pizza n’était pas si pire – je démissionnerais et je ferais autre chose. Ou j’essayerais d’occuper un autre poste dans l’entreprise.

JC: As-tu déjà démissionné à cause de ça?

LW: Pas vraiment. Quand je suis déménagée à Edmonton, j’ai travaillé pour des centres de conditionnement physique. Je me suis rendu compte que les centres étaient moins achalandés le matin; j’ai donc demandé à travailler le matin pour passer plus de temps sur Pinterest, tu vois, faire des choses qui m’intéressent (rires).

5. Quelle est la chose la plus stupide à laquelle tu as pourtant cru pendant longtemps?
LW: C’est drôle; je savais que tu allais me demander ça, et j’ai aussitôt pensé: «Je ne suis pas si naïve, donc je ne peux pas répondre à ça». Puis j’ai texté mes parents…

JC: Les parents savent toujours tout.

LW: C’est ridicule. Je pensais vraiment que c’était vrai jusqu’à ce que j’appelle mes parents, ce matin. Euh… Jusqu’à l’âge de 27 ans, je croyais que mon hamster avait vécu pendant 4 ans et que c’était le même hamster. Il s’avère que mon hamster était mort quand j’étais jeune, et que mes parents l’avaient remplacé sans me le dire.

JC : (Rires) Pardon, quoi?

LW : Apparemment, le hamster est mort pendant que j’étais à l’école, et mes parents savaient que je serais anéantie. Ils sont donc allés chercher un nouveau hamster avant que je revienne à la maison. Sauf que le nouveau hamster N’ÉTAIT PAS DE LA MÊME COULEUR. Et j’y ai cru. Jusqu’à maintenant. À 27 ans (rires).

JC : (Rires) Incroyable! Comment ont-ils réussi à te convaincre que c’était le même hamster?

LW : Ils m’ont expliqué que les hamsters changent de couleur en vieillissant et que, donc, celui-là avait justement changé de couleur cette journée-là, parce qu’il était devenu adulte. Je n’en reviens pas de te raconter ça maintenant, et de ne jamais avoir compris en vieillissant.

JC : Les hamsters vivent en moyenne deux ans, non? Tu n’as jamais pensé : «Wow, j’ai un super hamster?»

LW : Justement. Je m’en VANTAIS à mes amies. «Oh, ton hamster est mort? Eh bien, MON hamster vit depuis quatre ans!» (rires). Seigneur!

6. On passe maintenant aux questions juste pour Laura Walker. La première est assez évidente, d’autant plus que beaucoup de gens s’interrogent. Tu t’es mariée, l’été dernier. Pourquoi ne pas adopter le nom de Geoff tout en gardant le tien, et devenir Laura Crocker-Walker?

LW : Juste à dire ça tout haut, tu viens de répondre à ta propre question. Ça sonne terrible.

JC : Et si je te disais que tu as tort? Que ça sonne super?

LW : Eh bien, ce n’est pas toi qui aurait à vivre avec ça. C’est facile pour toi de dire ça. D’ailleurs, mon compte de téléphone et mon pseudo sur Twitter en font autant. Avant de rencontrer Geoff, j’avais pensé à conserver mon propre nom, mais avec un nom de famille comme Walker, ce n’est plus possible.

Crocker-Walker. Ça sonne bien, non? (Photo Curling Canada / Michael Burns)

JC : Il pourrait faire très 21e siècle et changer son nom de famille, lui aussi. Tu serais Laura Crocker-Walker et lui, Geoff Walker-Crocker.

LW : Si Geoff faisait ça, je le ferais moi aussi. Mais il ne le fera pas. Il est originaire de Beaverlodge, en Alberta. Il ne pourrait plus jamais retourner là-bas s’il prenait mon nom. (Rires).

7. Voici une question un peu étrange. Je sais que Dana Ferguson (de l’équipe de Chelsea Carey) est une de tes meilleures amies et que, l’an dernier, tu l’as amenée en voyage surprise à Las Vegas pour son 30e anniversaire. On m’a aussi raconté une histoire selon laquelle tu aurais perdu le groupe après quelques heures bien arrosées.

LW : (rires) Oh non! Je ne peux pas raconter ça sur Internet!

JC : (rires) Allez! Mes lecteurs vont adorer ça.

LW : Misère! Okay. Donc, nous sommes sorties un soir à Las Vegas et, en revenant, nous avons décidé d’arrêter dans un restaurant pour ramener une collation avant d’aller dormir. Mais avant, je devais aller à la salle de bain; en rentrant, j’ai vu qu’il y avait un divan. Paraît que certains restaurants haut de gamme ont des divans dans les toilettes. Et, bon, je me suis endormie là.

JC : (rires) Dans les toilettes?

LW : Oui, dans les toilettes. Aujourd’hui encore, je ne comprends pas trop pourquoi j’ai décidé de m’étendre là-dessus. Je me suis réveillée un peu plus tard. Entre-temps, les filles avaient assumé que j’étais retournée à l’hôtel et elles étaient parties. Quand je suis sortie des toilettes, le restaurant était fermé à part quelques employés qui faisaient le ménage. Et mon sac à main avait disparu; les filles l’avaient emporté. Donc, je suis retournée à l’hôtel, où j’ai dû convaincre la réception de me laisser monter à ma chambre – je pense qu’ils ont dû appeler Dana pour confirmer que je n’étais pas, mettons, une sans-abri qui cherchait une chambre pour la nuit – et ils ont finalement accepté. En tout, j’ai dû être absente pendant environ une heure, mais c’était pénible (rires).

8. La prochaine question vient de Kaitlyn Jones, et c’est vraiment bizarre.

LW : TELLEMENT bizarre.

JC : Je suis désolé. J’ai essayé de la faire changer d’idée. Pas moyen. Voici donc : aimerais-tu mieux lécher la moutarde sur le pied d’un guenillou ou prendre ton bain dans du ketchup pendant un an?

LW : Ouach! Les deux choix sont dégueulasses. Okay. Si j’étais certaine de ne pas attraper de maladies sur le pied du guenillou, je ferais probablement ça pour en finir d’un seul coup. Le problème, c’est que je prends ma douche SOUVENT. Comme je ne fais pas de siestes, je prends une douche avant chaque partie quand je suis sur la route, juste pour me détendre et me préparer. Si je devais prendre une douche de ketchup deux ou trois fois par jour, je ferais une dépression, c’est sûr.

JC : Et tu puerais. Le vieux ketchup sent vraiment mauvais.

LW : Ça serait vraiment terrible. C’est bien qu’on envisage la chose sérieusement sous tous les angles comme ça.

JC : Il le faut!

LW : Si le pied avait une maladie, par contre, je choisirais le ketchup. J’espère que nous pourrions trouver un guenillou en santé pour lui badigeonner le pied de moutarde.

JC : Peut-être un guenillou de designer, comme dans les sitcoms des années 90. Ça faisait partie du scénario : un ado devient ami avec un guenillou pour une raison quelconque, mais c’est toujours un guenillou propre, propre, propre et qui paraît bien.

LW : (rires). Exactement! Trouvez-moi un guenillou de designer. Un guenillou 90210 (rires).

JC : Merci Laura. Notre prochain invité sera ton partenaire de double mixte, Kirk Muyres. Qu’est-ce que tu voudrais lui demander?

LW : Ooooh… J’ai des informations croustillantes à son sujet qui pourraient te servir pour les questions 6 et 7. On en parlera plus tard. Je lui demanderais : si tu devais choisir, aimerais-tu mieux jouer chez les hommes ou en double mixte? Je suis curieuse de connaître sa réponse.

Laura Walker: “Si tu devais choisir, aimerais-tu mieux jouer chez les hommes ou en double mixte? Je suis curieuse de connaître sa réponse.” (WCF/Richard Gray photo)

JC : Super! Merci Laura! Meilleure chance avec ta nouvelle équipe cette saison, et avec Kirk!

Comme toujours, vous pouvez suivre John sur Twitter (@cullenthecurler) et son podcast d’entrevues de curling, Stone + Straw, à @stonestrawpod. Vous pouvez suivre Laura à @CrockerWalker, comme elle l’a expliqué plus tôt.

 

 

Crocker-Walker. Ça sonne bien, non? (Photo Curling Canada / Michael Burns)

Laura (Crocker) Walker en action à la Coupe Canada Home Hardware 2015 à Grande Prairie, en Alberta, en tant que troisième avec Team Rocque. (Photo Curling Canada / Michael Burns).