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Coup de folie avec Kirk Muyres

Cette semaine, John s’entretient avec Kirk Muyres, champion canadien junior en 2011, champion canadien de double mixte en 2018, médaillé de bronze au Championnat du monde de double mixte en 2018, et participant à quatre reprises au Brier, avec une médaille de bronze à son actif. Kirk est maintenant le capitaine de sa propre équipe de frères, avec son frère Dallan comme premier, et les jumeaux Marsh comme deuxième et troisième.

Bienvenue à Coup de folie, une série de Curling Canada dans laquelle John Cullen s’entretient avec vos curleurs préférés pour des entrevues comme vous n’en avez jamais vues. Chaque entrevue comporte huit questions : cinq questions identiques pour chaque curleur, deux questions spécifiques à chacun, et une question suggérée par le joueur interviewé précédemment.

Kirk Muyres en action au Championnat canadien de double mixte 2018 à Leduc, en Alberta (Curling Canada photo)

1. Quel est le meilleur coup auquel tu aies participé ?

Kirk Muyres : J’hésite entre deux, je te laisse choisir.

John Cullen : Je vais probablement imprimer les deux. (Rires)

KM : (Rires) OK, marché conclu. Bon, pour le premier, je ne veux pas vraiment donner trop de crédit à (Braeden) Moskowy, mais ça s’est passé au championnat national junior. Nous jouions contre le Manitoba (Sam Good) en 2011et, jusque-là, nous étions invaincus. Dans la dernière manche, nous traînions de l’arrière par deux points, et ils avaient divisé la maison, genre, du 12 pieds au 12 pieds. Nous avions une mordeuse en haut de la maison, mais ça nous prenait une double sortie d’un bord à l’autre des cercles pour marquer deux points. Je ne sais pas comment il a réussi ça. Il a lancé une vraie bombe, je l’ai balayée d’un côté à l’autre de la maison et sa pierre a juste assez déplacé la deuxième pour marquer deux points. Ensuite, nous avons volé un point dans la manche supplémentaire, et nous n’avons plus perdu par la suite.

Kirk Muyres, Matt Lang et Colton Flasch au Championnat canadien junior à Calgary en 2011 (Curling Canada/Michael Burns photo)

JC : Vraiment dommage que tu doives donner tant de crédit à Braeden, mais ces choses-là arrivent. (Rires). Et l’autre coup ?

KM : C’était avec Steve Laycock au Brier 2015. Nous devions battre Kevin Koe pour atteindre les éliminatoires, et Steve devait réussir un doublé vraiment mince, frapper le tiers de la pierre pour rouler ensuite sur le devant de l’autre pour inscrire le deuxième point. Il a réussi, nous avons atteint les éliminatoires et gagné le bronze.

JC : Ça doit être bien de jouer troisième dans ces moments-là, tu dois juste crier et ne rien faire d’autre.

KM : Jouer troisième, c’est la meilleure position avec un capitaine en feu. Tu te tiens tranquille et tu regardes la magie se produire. Mais c’est la pire position quand ils en arrachent parce qu’ils sont juste marabouts et que tu dois faire ton possible pour leur faciliter les choses.

2. Si on faisait une figurine à ton image, quel accessoire sans rapport avec le curling devrait-on utiliser?

KM : J’aurais un sac de croustilles sous un bras, et une calculatrice dans l’autre main.

JC : Geek.

KM : (Rires) Eh bien, je suis un courtier en hypothèques. Je suis toujours en train de faire des calculs. C’est correct d’être un geek (rires). En plus, ça serait vraiment cool d’avoir une figurine équipée d’une calculatrice fonctionnelle.

JC : Et les croustilles, c’est pourquoi ? Dans vos vidéos de Team Muyres – que j’adore, en passant – j’ai remarqué que Dallan dit que s’il devait te choisir un costume d’Halloween, il t’habillerait en sac.

KM : Tu sais, John, j’adore me consoler d’une grosse défaite avec un sac de croustilles (rires). Dans la semaine avant un bonspiel, je m’efforce de manger uniquement santé. Mais aussitôt que le bonspiel est fini, je me lance dans un sac de croustilles. Après une grosse défaite, peut-être, ou en tant que récompense, mais demandez à Dallan, sur le chemin de la maison, je mange des croustilles tout le temps. Et des Miss Vickie’s, peu importe la saveur. Il faut que ça craque !

Ça prend des croustilles, assure Kirk Muyres. «Il faut que ça craque.» (Selon Dallan Muyres, son frère)

3. Si tu devais cambrioler une banque avec deux autres curleurs – tu ne peux pas choisir plus d’un coéquipier – avec qui ferais-tu équipe, et quel serait ton rôle?

KM : Je dois dire que ma partenaire de double mixte, Laura Walker, a fait d’excellents choix avec Flasch et Benny, mais je ne dirai pas la même chose. Je vais y aller avec Drew et Mitch Heidt.

JC : Wow, c’est un choix d’initié. Mais ça pourrait aussi être un choix parfait.

KM : Si vous les avez déjà affrontés, ça va de soi. Je les enverrais tous les deux dans la banque, et ils pourraient agir à leur guise. Je ferais le guet.

JC : Ouais, je pense que tu n’aurais pas trop à t’inquiéter. Beaucoup de gens choisissent de faire le guet, je dirais.

KM : Et aussitôt que les flics arrivent, je m’enfuis. Je fais le guet… pour moi-même (rires).

JC : J’aime bien que tu aies laissé Josh à l’écart. Par contre, Drew et Mitch pourraient s’engueuler à l’intérieur de la banque.

KM : Exact, mais si les choses dégénèrent, ils pourraient s’empêcher l’un l’autre de dévaliser la banque, et les policiers n’auraient plus rien à faire (rires). Mais ils ne se rendraient pas docilement.

JC : (Rires) Oh non ! Ils vont se défendre, c’est sûr !

KM : Leur réputation les précède un peu, mais ce sont de bons gars. Ils vont pouvoir s’entendre. J’aime penser que Brad est le patron du crime, comme le Parrain. Il est impliqué, lui aussi (rires).

4. Quel a été ton pire travail?

KM : J’ai grandi à St. Gregor, une petite ville d’une centaine d’habitants, une heure à l’est de Saskatoon. Western Industries a une usine en ville. J’y avais décroché un emploi d’été, qui consistait à poncer la rouille sur des poteaux.

JC : (Longue pause). Vraiment ?

KM : Vraiment. Il faisait chaud, le bâtiment était étouffant, pas de ventilation, tu portes un masque et une salopette et tu fais juste… poncer la rouille sur des poteaux. C’était assez terrible. Et à cette époque, pas question de musique portative, pas de balados non plus; tu faisais ton travail en espérant que le gars à côté serait du genre intéressant à jaser.

JC : Un vrai cauchemar, on dirait. J’ai travaillé dans un entrepôt pour deux étés, et c’était difficile. Mais les gens s’adaptent. En plus, la ville est petite. Tu as un panneau (à l’entrée de la ville)? Cent habitants. J’image que tu as un panneau, comme Steve (Laycock) à Saltcoats.

KM : Pas encore de panneau. Il faudrait que je gagne quelque chose (rires). Nous avons terminé 4e au championnat du monde junior ; peut-être que si j’avais gagné, j’aurais mon nom sur un panneau. Nous avons une entreprise locale, Michel’s Industries, qui nous commandite depuis longtemps. Ils nous ont dit que si on gagnait le Brier, on aurait notre panneau. J’espère que nous y parviendrons bientôt.

5. Quelle est la chose la plus stupide à laquelle tu as pourtant cru pendant longtemps?

KM : Comme la plupart des enfants, je pensais que les traînées des avions à réaction produisaient les nuages. Je pensais que les avions volaient pour cette seule raison : faire des nuages. J’ai probablement cru à ça pendant toute mon enfance, en fait.

JC : C’est assez facile à croire, surtout si tu n’as jamais pris l’avion.

KM : Tout à fait. Je n’étais qu’un jeune type d’une petite ville, je pense que j’ai pris l’avion pour la première fois à 13 ans environ. Je ne savais pas vraiment ce que voler voulait dire, j’étais juste un gars pas dégourdi de St. Gregor. J’ai donc cru à ça pendant longtemps.

JC : Personne ne t’a jamais dit la vérité ?

KM : Eh bien, je pense que je n’en ai jamais parlé à personne (rires) ! C’était tout à fait clair dans ma tête, et je m’en suis tenu à ça. Quand j’ai finalement pris l’avion, je ne pense avoir enfin compris (rires).

6. On passe maintenant aux questions juste pour Kirk. La première nous vient d’une source totalement anonyme, qui veut que tu me racontes la façon dont tu as payé ta facture dans un endroit du nom de Mr. Beer ?

KM : (Rires) Je me demande bien qui peut être cette source anonyme, vu que ça s’est produit à la Coupe du monde de curling ? Donc, nous avons affronté Team USA en finale, comme tu le sais ; Sarah et Korey (l’équipe américaine de double mixte, Anderson et Dropkin) sont de bons amis. Nous leur avons dit que nous allions tout payer puisque nous avions gagné la finale.

Donc, nous allons nous amuser et, au moment de partir, nous sortons notre argent pour payer la facture, pour réaliser que nous n’en avons pas assez. Nous sortons donc nos cartes de crédit, mais pas moyen. Argent comptant seulement. On avait proposé aux Américains de sortir et voilà qu’on leur demande de l’argent. Mais eux non plus n’en ont pas assez. Donc, Sarah et Laura vont chercher de l’argent, pendant que Korey et moi restons sur place, pour ne pas qu’ils pensent que nous tentons de partir sans payer. Les filles n’ont pas pu trouver de guichet automatique, mais elles ont trouvé l’équipe féminine américaine, qui a payé la facture pour nous.

JC : Ça semble une situation assez embêtante.

KM : Ouais, j’ai gagné la Coupe du monde de curling et j’ai réussi à faire payer ma facture par les Américains. Au final, je dirais que c’était… un assez bonne journée (rires).

Kirk Muyres et Laura Walker d’Équipe Canada ainsi que Korey Dropkin et Sarah Anderson de Team USA sont des amis et des compétiteurs sur la glace lors du premier volet de la Coupe du monde de curling à Suzhou, en Chine. Le souper par la suite n’a pas été un grand succès, toutefois. (WCF/Céline Stucki photo)

7. J’imagine que tu vas deviner l’identité de la «source anonyme» pour la prochaine question. On m’a dit que je devrais te demander quel est le sport le plus respecté : le volleyball ou le curling ?

KM : Bon, je pense que la source est à mes côtés sur le divan en ce moment, il va donc falloir que je sois prudent. (note : la copine de Kirk est Claire Hanna, journaliste sportive pour CTV Regina et ancienne joueuse canadienne de volleyball, trois fois championne nationale U Sports). Ceci dit, c’est une question facile. Est-ce que le Championnat national de volleyball est télévisé au niveau national sur TSN, et disputé dans d’immenses arénas d’un bout à l’autre du Canada ? Je pense que tu peux répondre à ça. Et là, Claire me fait de yeux mauvais.

JC : (Rires). Ont-ils même un championnat national de volleyball ?

KM : Tu sais, John, je ne pense même pas. Et tu ne peux pas boire de la bière ou fumer une cigarette en jouant au volleyball. C’est quoi ça comme sport ? Le curling l’emporte haut la main.

JC : C’est incroyable de regarder les anciens faits saillants, avec les gars qui fument, les balais en paille. Le sport a tellement changé.

KM : Voilà autre chose ! Le curling évolue constamment. Le volleyball ? Toujours la même chose. Le ballon par-dessus le filet. ENNUYANT. Désolé, Claire.

8. La dernière question vient de ta partenaire de double mixte, Laura Walker. Je pense qu’elle veut connaître ta réponse, elle aussi. Si tu devais choisir une seule discipline pour le reste de ta carrière au curling, quelle serait-elle ? Masculin ou double mixte ?

KM : C’est une question difficile. Mais quand on y pense, mon capitaine en double mixte est meilleur que mon capitaine chez les hommes, il faut que je choisisse le double mixte. De plus, ma fiche parle par elle-même. Je joue probablement pour ,500 à vie en curling masculin alors que, durant toute ma carrière en double mixte, j’ai peut-être perdu 5 ou 6 parties. Pas le choix de rester en double mixte.

JC : Et ça devient de plus en plus populaire.

KM : Tout à fait ! J’aime vraiment ça ; si vous n’avez pas encore essayé, c’est super amusant. Je pense que tous les curleurs qui l’essayent vont aimer ça. C’est rapide, amusant. Et tout se joue rapidement, c’est ça qui me plaît.

JC : Enfin, j’aurais besoin d’une question pour ma prochaine invitée, Shannon Birchard de Team Einarson.

KM : Bien, elle va être intéressante. J’ai une question technique pour elle : demande-lui où elle a appris à lancer la pierre. Elle garde la poignée droite, puis la faire tourner, genre, avant de la laisser aller. Je me demande pourquoi elle agit comme ça, avec autant de succès.

JC : Génial, merci Kirk ! Meilleure chance pour le reste de la saison !

Comme toujours, vous pouvez suivre John sur Twitter (@cullenthecurler) et son balado d’entrevues de curling, Stone + Straw, à @stonestrawpod. Vous pouvez suivre Kirk @kirkmuyres.

Kirk Muyres salue les partisans d’Équipe Canada après avoir remporté la médaille d’or en double mixte avec Laura Walker lors de la première étape de la Coupe du monde de curling 2018, à Suzhou en Chine. (WCF/Cèline Stucki photo)