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Coup de folie avec Selena Sturmay

Cette semaine, John s’entretient avec Selena Sturmay, la première capitaine junior invaincue aux Championnats canadiens juniors depuis Rachel Homan en 2010, et seulement la cinquième équipe féminine à réussir l’exploit aux Canadiens Juniors. Selena a également remporté le titre junior en Alberta en 2016, de même que le Championnat de curling U SPORTS en 2018; elle se rendra bientôt aux Universiades d’hiver pour représenter l’Université d’Alberta.

Bienvenue à Coup de folie, une série de Curling Canada dans laquelle John Cullen s’entretient avec vos curleurs préférés pour des entrevues comme vous n’en avez jamais vues. Chaque entrevue comporte huit questions : cinq questions identiques pour chaque curleur, deux questions spécifiques à chacun, et une question suggérée par le joueur interviewé précédemment.

Selena Sturmay en action au Championnat canadien junior de curling New Holland 2019 à Prince Albert, en Saskatchewan (Curling Canada/Michael Burns photo)

  1. Quand je pose la première question, d’habitude, je ne sais pas trop ce que vont répondre mes invités. Mais avec toi, je pense avoir une assez bonne idée. Et donc : quel a été le plus beau coup auquel tu aies pris part?

Selena Sturmay : Eh bien, il y a eu ce lancer pour remporter les provinciaux en 2016…

John Cullen : C’est à celui-là que je pensais.

SS : Celui-là, donc, mais je veux aussi en mentionner un autre, parce que ça va agacer ma deuxième, Kate (Goodhelpsen). (Rires). En plus c’était un truc vraiment difficile contre son équipe dans une compétition à Lloydminster en 2016 : une sortie à angle sur une garde de coin qui était juste derrière la ligne de jeu; il fallait que je sorte les leurs avec une des nôtres sur le bouton pour marquer deux points. J’ai réussi, et nous avons remporté le match. Je me suis dit qu’il fallait que j’en parle, juste pour Kate.

JC : Je me rappelle de celui-là aussi! C’était vraiment malade (vidéo ici). C’était comment de voir ton lancer pour remporter le titre provincial devenir viral? Ou, en tout cas, aussi viral que possible pour le curling.

SS : C’était assez irréaliste. Honnêtement, je ne pensais même pas que ce lancer était possible. J’ai pensé que nous pourrions PEUT-ÊTRE annuler la manche, mais je n’imaginais pas que nous pourrions laisser une pierre dans la maison pour gagner. Je me rappelle très bien de toute la manche; c’était assez spécial de réussir ça pour remporter le championnat provincial, et que les gens puissent le voir.

  1. Si on faisait une figurine à ton image, quel accessoire sans rapport avec le curling devrait-on utiliser?

SS : J’ai lu l’entrevue de Shannon Birchard, et j’ai remarqué qu’elle parlait de son chien. Je ne veux pas répéter sa réponse, mais mon copain a une Goldendoodle TELLEMENT mignonne. Je l’ai même habillée avec mes vêtements de curling pour prendre une photo, mais elle les a mangés après environ une minute (rires). Alors je dirais, peut-être, ma blouse d’infirmière?

JC : C’est la première fois que quelqu’un suggère un costume alternatif pour sa figurine, j’adore. Même si une blouse, c’est plutôt ennuyeux comme costume alternatif.

SS : (Rires). Ça l’est; mon équipe se moque de moi tout le temps parce que je la porte, genre, 90 pour cent du temps quand je ne joue pas. Je suis étudiante en soins infirmiers à l’Université d’Alberta, et je dois souvent aller directement de la clinique jusqu’à ma pratique de curling et, donc, j’arrive avec ma blouse. Alors oui, mon costume alternatif est à la fois ennuyeux et laid! Mais ça me représente bien! (rires).

  1. Si tu devais cambrioler une banque avec deux autres curleurs – tu ne peux pas choisir plus d’un coéquipier – avec qui ferais-tu équipe, et quel serait ton rôle?

SS : Je vais d’abord choisir Ben Hebert parce que si, à un moment donné, tu as l’intention de braquer une banque, ça prend un gars avec des muscles pour t’aider à réussir ton coup. Ensuite, je choisirais Jennifer Jones. Elle est avocate; si on se fait prendre, elle pourrait nous sortir du pétrin.

Jennifer Jones serait une complice précieuse pour un vol de banque parce qu’elle est avocate. «Si nous sommes prises, elle pourrait nous sortir du pétrin.» (Curling Canada/Michael Burns photo)

JC : Excellent choix! Plusieurs personnes ont choisi Jennifer, mais pas en tant qu’avocate. Tu prévois tout d’avance.

SS : J’ai confiance qu’elle pourrait nous sortir d’un mauvais pas.

JC : Et quel serait ton rôle?

SS : Je voudrais vraiment dire quelque chose de super cool, mais je suis tellement terrifiée à l’idée de faire quelque chose d’illégal que je ne sais pas ce que je ferais. Avoir peur, j’imagine? (rires). Nous avons participé à des jeux d’évasion pour développer l’esprit d’équipe et je ne fais littéralement rien de bien. Je reste plantée là et je regarde faire les autres. Mon cerveau ne fonctionne pas comme ça. Me semble que si je ne suis pas capable de m’évader d’une pièce, je ne peux certainement pas dévaliser une banque.

  1. Quel a été ton pire travail?

SS : Pas facile, puisque je n’ai eu que deux jobs, et ils sont tous les deux fantastiques. Je suis sauveteur et instructeur de natation à Beau mont, au sud d’Edmonton, et l’été, je travaille dans une boutique de pro au golf. J’adore le golf et j’ai droit à rondes gratuites, alors je ne peux pas vraiment me plaindre.

JC : Bon, j’autorise les étudiants à me parler du pire cours qu’ils ont suivi.

SS : Ah là, d’accord! J’ai quelque chose pour toi. Dans ma première année de soins infirmiers, je devais suivre un cours de microbiologie médicale en compagnie de futurs étudiants en médecine et en dentisterie, et c’était vraiment difficile. J’étais nerveuse d’avance, et quand nous sommes arrivés, j’ai appris que nous serions évalués sur une courbe. J’étais dans une classe avec tous ces futurs génies, et j’ai paniqué. Je me souviens d’avoir appelé ma mère en pleurant, la veille de l’examen final, en lui disant : «Je vais échouer ce cours!», et elle a dû me consoler. Je n’étais pas la seule, d’ailleurs; six ou sept amies en soins infirmiers ont toutes pleuré avant cet examen. C’était terrible.

JC : Et finalement, tu as réussi?

SS : Étonnamment, oui. C’était tellement difficile que j’ai pris tout ce que je pouvais.

  1. Quelle est la chose la plus stupide à laquelle tu as pourtant cru pendant longtemps?

SS : Une fois de plus, j’aimerais la jouer super cool, et faire comme si je n’avais jamais rien fait de mal et que j’étais super gentille.

JC : Tu pourrais toujours mentir et dire ça (rires).

SS : (Rires). Je suis trop honnête, John. Je dois être sincère avec moi-même, et j’ai aussitôt pensé à ça. Je me souviens que quand j’étais jeune, en première ou deuxième année, je pensais que ma mère envoyait des espions à l’école pour me surveiller (rires). Ça paraît insensé, mais comme elle avait l’air de savoir tout ce qui s’était passé à l’école dans une journée, j’étais convaincue qu’elle me surveillait.

JC : (Rires) Seigneur! Essayais-tu de trouver des espions dans la cour d’école?

SS : Non, rien du genre, mais je me souviens être revenue de l’école en première année après avoir eu ma toute première retenue. Ma mère m’a demandé comment s’était passée ma journée, et j’ai dit que tout avait bien été, rien de spécial. Mais elle continuait à me poser des questions de plus en plus pointues, et je me suis dit : «Comment elle peut savoir tout ça?». J’ai fini par dire la vérité, il me semble.

JC : Elle n’avait pas besoin d’espions, tu es juste une mauvaise menteuse, comme tu l’as dit.

SS : Mais les questions étaient tellement précises! Des espions, c’est sûr (rires).

Selena Sturmay et sa coéquipière Kate Goodhelpsen fêtent leur médaille d’or au Championnat canadien junior de curling New Holland 2019, à Prince Albert en Saskatchewan. (Curling Canada/Michael Burns photo)

  1. On passe maintenant aux questions propres à Selena Sturmay. Comme tu l’as mentionné, tu étudies en soins infirmiers à l’Université d’Alberta. Je dois donc te demander : quelle est ta plus folle histoire de soins infirmiers? Tout le monde que je connais en a une.

SS : J’en ai tellement, oh mon Dieu. Ce n’est pas une histoire précise en soi, mais j’ai fait un stage en psychiatrie au dernier semestre. Je faisais partie d’une rotation en santé mentale au Alberta Hospital. C’est un séjour de courte durée, mais de voir des patients entourés de six gardiens, et être avertie de ne pas les approcher, ça m’a vraiment ouvert les yeux.

JC : Ma copine travaille dans un domaine semblable, et je sais que ça peut être assez intense, parfois.

SS : Ça peut l’être, en effet, mais je pense qu’il y aussi une forme d’ostracisme. Plusieurs personnes assument que les patients en santé mentale sont forcément violents, mais la plupart d’entre eux ont plutôt été victimes de violence, et ne sont pas violents du tout. Ça m’a surprise parce que j’avais moi aussi des idées préconçues. Mais la plupart d’entre eux ne sont pas violents, et on travaille avec eux normalement.

  1. Bon, il est temps de régler ça par écrit une fois pour toute : qui est le meilleur joueur de curling : toi ou on frère Karsten?

SS : (Rires) J’aimerais bien dire que c’est moi, mais c’est probablement lui. Il est vraiment un bon joueur, qui a accompli beaucoup, alors je dirais que c’est lui. Nous avons une tradition bizarre dans notre famille : on dirait qu’il doit d’abord remporter quelque chose avant que je puisse le gagner.

JC : Mais tu as gagné le Championnat canadien junior, et pas lui.

SS : C’est vrai, et je le lui rappelle souvent (rires). Mais honnêtement, je me sens mal; il a été vraiment malchanceux de ne pas le gagner. C’était difficile de rester là assise à regarder, alors j’essaye de ne pas trop l’agacer.

JC : J’imagine que vous jouez souvent l’un contre l’autre. Et tu me dis que tu ne gagnes jamais?

SS : On joue assez souvent, généralement pour les 30 dernières minutes d’une pratique. D’habitude, il gagne, à moins qu’il soit dans une mauvaise journée et qu’il rate beaucoup de tirs.

JC : Jamais vu personne être aussi gentille envers son frère, surtout quand je l’encourage à ne pas l’être! (Rires).

SS : (Rires). Nous sommes juste honnêtes l’un envers l’autre. Il est vraiment un bon joueur, je ne peux pas mentir à ce propos.

Selena Sturmay dit que son frère aîné Karsten est un meilleur joueur. «J’aimerais dire que c’est moi, mais c’est probablement lui. C’est vraiment un bon curleur.» (Curling Canada photo)

  1. Notre dernière question a été suggérée par Matt Hamilton; elle est à trois volets. Prête?

SS : Wow, oui. Je pense pouvoir affronter ça.

JC : OK, première question : qu’est-ce que ça représente pour toi de porter la Feuille d’érable?

SS : Je pense que tous les curleurs canadiens rêvent de porter la Feuille d’érable, parce que tu sais que tant de bons joueurs l’ont portée avant toi, et tu ressens l’honneur et la fierté que ça représente. Ça ajoute de la pression, aussi, mais c’est de la bonne pression.

JC : Deuxième question : quel effet ça fait d’être la première capitaine invaincue en neuf ans (aux Canadiens Juniors)?

SS : C’était un assez bon résultat (rires). Honnêtement, je n’y avais pas pensé. Nous voulions juste remporter la compétition, rien d’autre. Avant la finale, nous savions que c’était une possibilité, mais tu ne penses plus à ça quand la partie commence. Après avoir battu la Colombie-Britannique, plus tôt dans la semaine, nous étions vraiment confiantes de les battre encore, c’est tout. Je ne l’ai pas réalisé après notre victoire, jusqu’à ce qu’un journaliste m’en parle après la partie, et je me suis dit : «Wow, c’est plutôt cool». Quand tu regardes la liste des excellents curleurs qui ont réussi ça, c’est définitivement un honneur d’être en leur compagnie. »

JC : Et finalement, penses-tu qu’une moustache pourrait t’aider ou te nuire aux Mondiaux? (Rires). Je suis désolé d’avoir à te demander ça.

SS : (Rires) Venant de Matt, je m’attendais à du ridicule. Je dirais que ça me nuirait, parce que je serais incapable de gérer toute l’attention que ça entraînerait sur les médias sociaux. Il s’en est très bien sorti; je serais tout à fait incapable d’en faire autant.

JC : Fantastique! Finalement, j’aurais besoin d’une question pour mon prochain invité, qui sera ton coéquipier aux prochains Mondiaux Juniors, Matt Hall.

SS : Oh! Je sais qu’il a un surnom : Hot Dog. Demande-lui comment il a eu ça, et pourquoi il s’en sert encore.

JC : Parfait. J’allais lui en parler de toute façon, alors merci de faire le travail à ma place! Merci Selena, et bonne chance aux Mondiaux Juniors!

Comme toujours, vous pouvez suivre John sur Twitter (@cullenthecurler) et son balado d’entrevues de curling, Stone + Straw, à @stonestrawpod. Vous pouvez suivre Selena sur @Selena_Sturmay.

Prochain arrêt : les Championnats du monde junior à Liverpool, en Nouvelle-Écosse. Selena Sturmay, la troisième Abby Marks, la deuxième Kate Goodhelpsen et la première Paige Papley posent avec le trophée après leur victoire de 9-6 contre la Colombie-Britannique pour remporter le Championnat canadien junior de curling New Holland à Prince Albert, en Saskatchewan. (Curling Canada/Michael Burns photo)