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Coup de folie avec Matt Hall

Cette semaine, John s’entretient avec Matthew Hall, champion du monde junior (en tant que deuxième avec Équipe Tyler Tardi) et champion de l’Ontario à plusieurs reprises (comme capitaine) chez les juniors. Matthew retourne en Ontario après une année fructueuse en Colombie-Britannique, mais auparavant, il s’est entretenu avec John.

Bienvenue à Coup de folie, une série de Curling Canada dans laquelle l’humoriste John Cullen s’entretient avec vos curleurs préférés pour des entrevues comme vous n’en avez jamais vues. Chaque entrevue comporte huit questions : cinq questions identiques pour chaque curleur, deux questions propres à chacun, et une question suggérée par le joueur interviewé précédemment.

Matt Hall lance sa pierre au Championnat du monde de curling junior à Liverpool, en Nouvelle-Écosse, alors qu’il jouait deuxième pour Équipe Tyler Tardi (WCF/Richard Gray photo)

1. Quel est le plus beau coup auquel tu aies pris part ?

Matthew Hall : Un des plus beaux, je pense, c’était pendant la finale provinciale junior 2017 en Ontario, l’année où j’ai perdu la finale canadienne contre Tyler (Tardi, avec qui il remportera plus tard le titre mondial junior). Nous affrontions Kieran Scott, et il y avait tout un amas de pierres dans le quatre-pieds. Le genre de situations où tu passes beaucoup de temps à évaluer tous les angles et, après trois minutes, tu ne sais toujours pas si ça va fonctionner. Donc, tu t’installes dans l’appui-pied et tu lances aussi fort que tu peux.

John Cullen : C’est une façon assez amusante de lancer, sans pression (rires).

MH : (Rires) C’est vrai d’une certaine façon mais, par contre, ça se dessinait comme un vol à coup sûr, et comme tout le match s’était résumé à des simples jusque-là, la dynamique du match aurait pu changer. Et donc, je l’ai lancée, les pierres se sont dispersées dans toutes les sens, et quand la poussière est retombée, nous avons marqué un point. C’était un lancer important pour réchapper une manche qui nous avait échappée, et ça nous a donné l’élan pour remporter la partie.

2. Si on faisait une figurine à ton image, quel accessoire sans rapport avec le curling devrait-on utiliser?

MH : Ça pourrait être un échiquier, ou une pièce du jeu d’échecs. J’adore les échecs. J’y joue beaucoup dans mes temps libres, et comme j’ai eu beaucoup de temps libres cette année, j’en ai profité.

JC : Oui, je comprends que tu as déménagé en Colombie-Britannique essentiellement pour jouer au curling. Et donc, tu jouais aux échecs toute la journée?

MH : Pas toute la journée, mais quand j’avais besoin de me sentir plus intelligent (rires). Ça garde mon esprit vif, et j’aime ça étudier et apprendre pour m’améliorer. Cette année, je me suis davantage intéressé à la stratégie pour l’emporter, et pas juste me contenter de jouer les parties.

JC : Tu joues seul ou en ligne?

MH : J’ai joué un peu avec Tyler quand nous étions sur la route, mais en général, je joue en ligne contre des joueurs au hasard. C’est facile de te sentir bon et intelligent quand tu joues seul.

3. Si tu devais cambrioler une banque avec deux autres curleurs – tu ne peux pas choisir plus d’un coéquipier – avec qui ferais-tu équipe, et quel serait ton rôle?

MH : Je choisirais d’abord un de mes anciens coéquipiers, Curtis Easter. C’est un gros gars bâti, qui s’entraîne tout le temps. Il pourrait transporter tous les sacs d’argent vers la camionnette. Peut-être faire usage d’un peu de force au besoin. Ensuite, je choisirais certainement Sterling Middleton pour conduire le véhicule de fuite.

Son complice pour le vol de banque, Sterling Middleton, aurait besoin d’un chapeau pour cacher sa chevelure abondante, croit le cerveau de l’opération, Matt Hall. (WCF/Richard Gray photo)

JC : Tu as répondu à ça sans hésiter. Est-ce que Sterling est un fou du volant?

MH : Disons uniquement que Sterling est… rapide sur la route, mettons. Je ne veux pas en dire davantage pour le mettre dans le trouble, mais disons qu’il se débrouille bien sur la route (rires).

JC : (Rires) Le seul problème, c’est qu’il devrait probablement porter un chapeau pour dissimuler son visage et cacher son abondante chevelure. Il ne serait peut-être pas intéressé.

MH : Tu as raison, en fait. Il ne voudrait peut-être pas faire ça, mais on pourrait essayer de le convaincre. Pour sa chevelure, par contre, ça ne sera pas facile (rires). Et pour répondre à la dernière partie de la question, je m’occuperais de la planification. Comme ça, je pourrais rester en arrière et regarder les gars faire le travail.

4. Quel a été ton pire travail?

MH : C’est une question difficile, parce que je pourrais avoir besoin de ce job quand je vais retourner en Ontario (rires). Honnêtement, ça n’a rien à voir avec le patron, un bon gars qui est aussi un ami du curling. C’est d’ailleurs lui qui m’a permis d’avoir ce travail. J’ai travaillé durant les étés pour une usine métallurgique, et je suis le premier à admettre que je ne suis pas fait pour le travail manuel.

JC : Moi non plus. J’ai travaillé dans un entrepôt jusque assez longtemps pour comprendre que je ne devrais pas travailler dans un entrepôt (rires).

MH : Exactement. De longues heures, à partir de tôt le matin, d’autant plus je ne suis pas du genre lève-tôt. Je suis davantage un travailleur intellectuel que manuel. Je pense déjà retourner à l’école pour ma maîtrise, c’est plus mon style. Ça m’a permis de découvrir une autre facette du travail, et j’en suis reconnaissant, mais ça m’a aussi aidé à comprendre que je devrais faire autre chose (rires).

5. Quelle est la chose la plus stupide à laquelle tu as pourtant cru pendant longtemps?

MH : Il a fallu que j’en parle à mes parents, mais je pense en avoir une bonne. Quand j’étais jeune, je pensais que tous les films étaient des documentaires (rires). Dans n’importe quel film d’action, je pensais que tout était réel, et vrai. Tout ça a commencé parce que j’ai vu Charlie et la Chocolaterie; j’ai assumé que l’usine existait vraiment. J’achalais tout le temps mes parents pour qu’ils m’amènent voir Charlie et visiter l’usine, et même s’ils me l’ont expliqué plusieurs fois, j’insistais quand même.

JC : Ça s’est terminé quand?

MH : Je ne suis pas certain, quand j’avais 6 ou 7 ans, genre. Rien de trop débile, mais même si mes parents ont dit qu’ils ne l’expliquaient sans arrêt, je ne comprenais pas. Aussi, j’étais apparemment fasciné par le Terminator, même si je n’avais jamais vu le film; je n’en savais rien, en fait, à part qu’il existait. Mais ça, c’est probablement une histoire pour une autre question. J’avais du mal avec les films, c’est tout (rires).

6. Bon, on passe aux questions propres à Matthew Hall; je pense que tu n’auras pas trop de mal à deviner ma source pour la première. On m’a dit que tu te pavanais en te vantant d’avoir dominé Tyler Tardi en double mixte, mais que, en fait, ce n’est pas vrai. Et tu as perdu la finale Next Gen contre lui. Alors, je te donne une chance : c’est quoi l’histoire?

MH : Bon, pour commencer, c’était tout à fait exact. J’ai une meilleure fiche contre Tyler que lui contre moi. Durant la saison, lui et sa copine (Deeray Hawes, avec qui il a participé au Championnat canadien de curling double mixte 2019) pratiquaient à l’occasion, et je me joignais à eux. Ça finissait toujours par du double mixte. Ou même si Tyler et moi jouions juste tous les deux en suivant les règles du double mixte et en lançant les cinq pierres. J’avais certainement la meilleure fiche pendant toute la saison. Mais ils ont eu le dernier mot à Estevan; ça, je ne peux pas le nier.

JC : Je te crois. Ç’a dû être difficile de perdre contre Tyler quand ça comptait.

MH : C’est toujours difficile de perdre contre un coéquipier, tu sais, tu veux toujours lui donner une volée, pas vrai? Mais ils forment une bonne équipe, et ils jouent ensemble depuis longtemps, alors ça va toujours être difficile quand tu les affrontes. Nous avons fait de notre mieux, mais ça n’a pas marché. Tyler et moi blaguons beaucoup sur ça; ce n’est pas la pire chose au monde de perdre contre eux. On s’amuse bien.

7. J’ai aussi entendu dire que tu as appris quelque chose à propos de toi-même en regardant la finale canadienne dans laquelle tu avais joué. Ça arrive parfois quand on joue à la télé. Qu’as-tu appris?

MH : (Rires) Seigneur! Eh bien, j’ai appris que mon effet extérieur avait l’air plus malhabile à la télé que je le pensais. Je ne peux pas trop m’en vouloir, parce que j’ai eu une assez bonne semaine, mais j’ai vu ça à la télé et ça m’a rendu malade (rires).

Effet extérieur douteux? (WCF/Richard Gray photo)

JC : (Rires) Pourquoi c’était si mauvais? Après tout, tu as gagné.

MH : Je ne sais pas vraiment ce que je faisais, mais ma main allait dans tous les sens et se levait de façon dramatique après mon lancer. J’ai demandé aux gars si je faisais ça toute l’année et ils m’ont dit : «Ouais, pas mal». Et donc, euh… c’est comme ça (rires). Mais nous avons gagné. Et je ne me souviens vraiment pas de la dernière fois que j’ai touché le balai en partant de l’appui-pied (rires).

JC : Le balai est là pour te guider, mon ami.

8. Dernière question qui vient de mon invitée précédente, et ta coéquipière aux Championnats du monde junior, Selena Sturmay. Elle veut savoir comment tu as eu le surnom de Hot Dog, et qui te l’a donné?

MH : Le surnom vient de Molly Greenwood, qui joue en Ontario. Ça fait longtemps que nous sommes de bons amis, depuis notre jeunesse; je devais avoir 14 ou 15 ans et j’en faisais un peu trop. Je suis très émotif quand je joue, mettons. Elle m’a dit que j’étais en mode «hot-dogging» sur glace, et donc elle a commencé à m’appeler «Hot Dog», et c’est resté. Le côté amusant, c’est que Molly a inventé le nom, mais c’est Curtis Easter qui l’a rendu si populaire.

JC : Ton copain voleur de banque?

MH : Oui. C’est un gars très populaire, très sociable. À notre premier championnat national junior, il m’appelait comme ça devant tout le monde. Un matin, Kaelyn Gregory (la capitaine de la formation junior de l’Ontario, cette année-là) était dans les estrades. Je ne sais pas si elle était malade, ou si son équipe ne jouait pas, toujours est-il qu’elle était assise là-haut et elle a incité des jeunes de l’école élémentaire à crier «Go Hot dog Go». Curtis était mort de rire sur la glace, au point que nous avons dû arrêter et laisser une minute s’écouler en attendant d’arrêter de rire. J’ai essayé de m’en débarrasser, cette année, mais pas moyen. Je suis probablement pris avec ça maintenant, grâce à Curtis et aux efforts de tout le monde (rires).

On l’appelle Hot Dog (Curling Canada/Michael Burns photo)

JC : Ça pourrait être pire. Merci de t’être joint à moi, Matt; as-tu une question pour ma prochaine invitée, Rachel Brown d’Équipe Canada?

MH : Oh que oui! J’aimerais savoir où elle a appris ses pas de danse. Elle et Dana Ferguson sont toujours en train de danser, c’est clair qu’elle pourrait beaucoup m’apprendre parce que je suis un terrible danseur.

JC : Parfait! Merci Matt, et meilleure des chances avec ton retour en Ontario!

Comme toujours, vous pouvez suivre John sur Twitter @cullenthecurler et écouter ses entrevues de curling sur son balado : Stone + Straw @stonestrawpod.