Tous les articles / Nos histoires / Coup de folie avec Colin Hodgson

Coup de folie avec Colin Hodgson

Cette semaine, l’invité de John est Colin Hodgson, premier sur Équipe Reid Carruthers, copropriétaire de Dynasty Curling Apparel et très bon gars. Équipe Carruthers a connu pas mal de succès cette saison, avec des victoires à deux évènements majeurs – la Coupe Canada Home Hardware et quelques semaines plus tard, la Coupe Continentale World Financial Group – sans oublier une toute importante qualification aux Essais olympiques 2017.

Colin Hodgson salue les spectateurs après l’avoir emporté à la compétition Ford Hot Shots au Brier Tim Hortons 2015 à Calgary (Curling Canada/Michael Burns photo)

Bienvenue à Coup de folie, une nouvelle série de Curling Canada où le comédien John Cullen s’entretient avec vos joueurs et joueuses favoris en vue d’amorcer une discussion où tous les coups sont permis. Chaque entretien consiste en huit questions, dont cinq questions régulières posées à chaque joueur ou joueuse, deux questions qui portent spécifiquement sur la personne interviewée, et une question qui aura été proposée par la personne interviewée précédemment.

1. Quel est le plus beau coup auquel tu aies jamais participé?

Colin Hodgson: C’est dur, ça! Je pense que le tir que nous avons réussi pour signer la victoire en Coupe Continentale (https://www.youtube.com/watch?v=xZdfqkDzCec) a été un des plus bizarres auxquels j’aie jamais contribué. Tout bien pesé, ce n’était pas un coup énorme en ce qui concerne l’obtention des objectifs de l’équipe, mais c’était tout de même un moment grisant. Quand on fait partie d’une super-équipe qui inclut Kevin Koe et Jennifer Jones, il est beau de réussir un coup devant 5 000 spectateurs et célébrer la victoire avec toute l’équipe.

John Cullen: Ouais, j’ai toujours dit que la Coupe Continentale est passionnante seulement du point de vue des joueurs et joueuses et des spectateurs dans les tribunes, mais je comprends que ce serait un grand moment. Et tu te rappelles un coup qui a été mémorable sur le plan des objectifs de ton équipe à toi?

Joanne Courtney ( Canada/ michael burns photo)

CH: Bon, évidemment la victoire en Coupe Canada a été un grand moment pour nous, et le tir au neuvième bout y a été pour beaucoup. Nous sommes vraiment contents d’avoir obtenu notre qualification aux Essais, donc ce frappé-poussé pour trois [https://youtu.be/5oZzObzMeF8?t=2h15m28s] a été un moment clé contre un quatuor Nichols/Gushue qui est parmi les meilleurs au monde au fil des derniers mois.

2. Quel joueur ou joueuse saurais-tu battre dans un combat corps à corps?

CH: Je pense que j’aurais la haute main sur Joanne Courtney dans un combat—je veux dire, cela ne me dérangerait pas d’essayer, tu comprends? [rire]

JC: Mon gars, elle te botterait le cul.

CH: Sans aucun doute, mais ça pourrait être marrant, en manger toute une aux mains de Joanne. Elle est déjà meilleure que moi au balai, donc il faut essayer de trouver d’autres mesures par lesquelles je pourrais l’égaler. [rire]

JC: [rire] Je ne me souviens pas d’une déclaration de la part de Joanne à ce titre, mais je conviens que cette plateforme a vu pas mal de joueurs et joueuses qui ont déclaré qu’ils sauraient t’assommer. Tes pensées?

CH: Ben, je comprends que parfois il faut déverser la colère, et parfois un bon combat sert très bien à cet égard. Mais oui, probablement, tout un chacun qui s’est dit plus fort que moi a raison. [rire]

JC: Il faut dire que moi aussi, je suis d’accord avec cela. [rire] Mais sérieusement, y a-t-il au moins une personne que tu saurais battre dans un combat?

Kyle Doering (Curling Canada/Michael Burns photo)

CH: Kyle Doering, de l’équipe de Jason Gunnlaugson. Je suis plus grand que lui, et présentement j’ai quelques kilos de plus aussi. Disons – je pourrais probablement descendre Robbie Gordon aussi. Ils sont plus jeunes que moi, donc j’aurais l’avantage de rester plus sage et déployer la stratégie.

3. Si une charcuterie tenait à baptiser un sandwich en hommage de toi, comment serait ce sandwich?

CH: Que du fromage, pour cadrer avec ma personnalité. [rire] Une dizaine de variétés de fromage, du pain, mettons le tout au presse-paninis et hop c’est fait.

JC: Parfait. La plupart des gens n’envisagent pas un sandwich sous l’optique d’une personnalité. Quelles sortes de fromages tu préfères?

CH: Tous les fromages doux. Je ne suis pas trop arrogant, tu sais? Du gruyère, du provolone, peut-être un peu de cheddar fort. Et on l’appellera la Fantaisie fromagée de Hodgy.

JC: [rire] Mon dou, on doit vraiment choisir un nom comme ça? [rire] C’est naze. Quel type de pain?

CH: Un bon pain de seigle. Je suis un Winnipégois maintenant, donc le pain de seigle est incontournable. Je veux célébrer mon côté winnipégois. Je veux que la Fantaisie fromagée de Hodgy soit servie aux réceptions de noces. Ce serait un rêve devenu réalité pour moi, et ça montrerait que je m’adonne à cent pour cent au style de vie winnipégois. [rire]

4. De tous tes boulots, lequel a été le pire?

CH: J’ai eu le bonheur de ne jamais avoir eu un vraiment mauvais emploi, mais il y a certainement des aspects désagréables de travailler à un terrain de golf à Lacombe. Le nettoyage des bâtons a été le pire. Beaucoup de clients ne donnaient pas de pourboire, et l’odeur était…intéressante. On penserait que ce ne devrait pas être si déplaisant que ça, nettoyer les bâtons, mais si vous le faites suffisamment de fois, les odeurs commencent à peser sur vous. Donc c’est probablement la pire de mes expériences, je pense.

JC: T’as jamais retrouvé cette odeur sur les pistes de curling? Est-ce qu’il y a quelqu’un dans le monde du curling qui te fait rappeler ton temps comme nettoyeur de bâtons?

CH: Sans exagérer, Matt Dunstone sent le pire de tous les joueurs, tous. C’est comme s’il ne passe jamais ses chandails à la machine à laver. Ça m’écoeure tellement, je vais faire confectionner de nouveaux et les lui envoyer avant les championnats provinciaux du Manitoba. [rire]

5. Tu te souviens d’une notion dingue à laquelle tu t’es tenu pendant bien trop longtemps?

CH: Ben, tu sais que tout le monde croit pendant trop longtemps à l’existence du Père Noël, mais dans mon cas, c’était probablement encore plus longtemps que la normale.

JC: Tu veux dire au juste? Tu avais quel âge quand tu as découvert la vérité?

CH: Euh…11 ans?

JC: 11 ans? [rire] WOW. C’est tard. Comment ça s’est passé?

CH: Je pense que c’était dû à mes parents. Ils tenaient vraiment à garder le mythe en vie, je suppose. Et ma sœur est beaucoup plus âgée que moi, donc il est surprenant que je ne me sois pas détrompé plus tôt. Mon neveu est juste un peu plus jeune que moi, et je pense que nous avons découvert la vérité en même temps. C’était gênant. [rire]

6. Maintenant, on va se pencher sur des questions qui portent spécifiquement sur Hodgy, et il y en a tant que je veux poser. En tout premier lieu, il y a ce compte Instagram sur lequel je suis tombé @hodgysgirls. J’ai du mal à croire que, vu ta coiffure naze et ton style minable, ce soit vraiment toi, le seul joueur à avoir un compte de supporters? Donc la question qui se pose, c’est : est-ce bizarre de gérer un compte Instagram pour tes admiratrices?

Oui, Colin Hodgson a son propre club de supporters sur Instagram.(Instagram screenshot)

CH: [rire] Absolument pas, je ne gère pas ce compte-là. Je n’ai eu rien à faire dans la création de ce compte. [rire] J’en ignorais même l’existence avant un Grand Chelem que nous avons contesté à Oshawa il y a quelques ans. Il y avait une bande d’une douzaine de filles, et apparemment c’étaient d’ardentes partisanes. En tout cas, elles ont demandé de prendre quelques clichés, et je me suis retourné pour appeler Reid, puisque je sais que personne ne veut prendre une photo avec moi à cause de cette fameuse coiffure, mais elles ont dit «non, toi seulement». Puis elles m’ont dit qu’elles s’appelaient Hodgy’s Girls, les filles à Hodgy. Je suppose qu’elles avaient publié des photos aux différents Chelems et tournois, à mon insu. Elles ont toutes signé un blouson que j’ai suspendu au mur chez moi. C’est très cool.

JC: Comme j’ai dit, c’est fou, étant donné ta sale gueule. [rire]

CH: [rire] Ouais, l’histoire coiffure a été une blague au départ, mais cela m’a mis en lumière et je ne vais pas discriminer : l’attention c’est l’attention, que ce soit bon ou mauvais! [rire] Oui, on ne laisse pas de se moquer de moi à cet égard, mais ça m’est tout à fait égal. Je sais que je ne suis pas de la même trempe que Brad Gushue. Les femmes ont un faible pour Gushue, Stoughton et leur genre, avec leur belle chevelure et tout le reste. C’est ma façon à moi de concurrencer.

7. Bon : il est assez rare d’interviewer un premier, et étant donné que moi aussi j’occupe ce poste, j’ai décidé de te poser une série de questions rapides dans ce prochain segment que je baptiserai «de premier en premier». Ce n’est pas un titre officiel. Allons :

JC: Quel premier serait le meilleur comme capitaine?

CH: Benny Heebz. Tu vois : il dirige déjà les coups de son point de vue à lui, donc pourquoi pas lui céder le contrôle de la maison?. [rire] Il a un tir énorme aussi. T’as vu ses lancers en Coupe Continentale? Le gars sait jouer. Benny pour sûr.

Ben Hebert, Colin Hodgson et Derek Samagalski à la Coupe Canada 2016 Home Hardware (Curling Canada/Michael Burns photo)

JC: Et qui serait le pire comme capitaine?

CH: Oh non, je ne sais si je veux répondre à cette question-là. [pause] Je dirai Geoff Walker. La saison qu’il a eue au circuit – il a été tellement constant avec son jeu et tellement formidable comme adversaire. Je ne pense pas qu’il doive changer de poste, pas avec l’élan qu’il a.

JC: Ca sent le politiquement correct. En privé, dis-moi, qui est-ce que tu aurais nommé pour de vrai?

CH: Toi. Tu es assez nul. [rire]

JC: [rire] Aïe! Pas besoin de me le dire en secret. Tout le monde le sait. [rire] Quel premier a le meilleur style vestimentaire?

CH: Ça doit être Havard vad Petersson. Les Norvégiens sont dans une classe à part. Ils sont vraiment chics. Ils savent faire la fête, ils portent les fringues les plus branchées, et puis il y a ce bel accent scandinave …

JC: …mais la semelle à la ceinture? Je ne sais pas si c’est une tendance qui se popularisera…

CH: Je ne suis pas trop fana, mais il faut reconnaître que c’est admirable comme il réussit à garder la chose en place. Peut-être s’il s’en débarrassait, il achèverait une cadence plus rapide avec les coups de balai. [rire]

Ai dire de Colin Hodgson, le Norvégien Havard vad Petersson est le premier le plus chic de tous: «Ces Norvégiens, tu sais…» (WCF photo)

JC: Bon, dernière question de la série : qui serait le plus apte à faire l’objet du prochain compte Instagram du genre «Hodgy’s Girls»?

CH: Tim March, à cent pour cent. Moi et Tim avons une sorte de «bromance», mais je pense que c’est le candidat le plus qualifié. C’est même un natif d’Oshawa, donc peut-être c’est lui qui avait lancé le phénomène? Il encadre beaucoup de camps là-bas, donc peut-être il a encouragé les filles à faire cette ruée Hodgy. Franchement, je suis un peu étonné que personne ne l’ait pas encore mis en vedette au calendrier des Gars du curling.

8. Bon, ma dernière question a été formulée par Taylor McDonald, qui veut savoir : quel a été ton premier rendez-vous le plus mémorable?

CH: Ah là là. Je passe pas mal de temps au site Tinder récemment, donc j’ai eu plusieurs premiers rendez-vous. Voyons…regardons les listes de noms dans mon agenda. Je suppose que je n’aie pas eu trop de mauvais premiers rendez-vous. Je ne veux aucunement gaspiller le temps de la personne, donc même s’il n’y a aucune alchimie, si l’on passe une bonne soirée ensemble, avec de la bonne conversation et un bon repas, c’est bien. Je suppose qu’un des rendez-vous les plus mémorables a été celui où je suis sorti avec une meneuse de claques.

JC: Trop bien pour toi.

CH: BIEN trop bien pour moi. Évidemment. Peut-être c’était une accro de curling, qui sait? Nous avons une présence ici au Manitoba, Cullen, tu sais! [rire] Mais à vrai dire, j’étais tellement anxieux et je butais sur mes paroles. Normalement cela ne me pose jamais problème. Mais on a fixé un deuxième rendez-vous, donc ce n’était pas en fin de compte si mauvais que ça. [rire]

JC: Formidable, merci infiniment Colin. Pourrais-tu me donner une question à poser à ma prochaine invitée, la championne canadienne junior, Kristen Striefel?

CH: Certainement. Demande-lui qui est son cuisinier favori sur le circuit, et pourquoi elle aime tellement cette personne?

JC: [rire] Je pense que je sais moi-même la réponse à cette question.

CH: Faut la tenir sur un pied d’alerte. [rire]

JC: Parfait. Merci beaucoup, Colin, et bonne chance et bon courage pour le reste de la saison et pour les Essais olympiques l’an prochain!

Colin Hodgson, parlant de son style très particulier : «l’histoire coiffure a été une blague au départ, mais cela ma mis en lumière et je ne vais pas discriminer : l’attention c’est l’attention, que ce soit bon ou mauvais!» (Curling Canada/Michael Burns photo)