Coup de folie avec Braeden Moskowy!

Braeden Moskowy, en action lors d’une épreuve de Coupe du monde la saison dernière. (Photo, Fédération mondiale de curling / Céline Stucki)

Coup de folie avec Braeden Moskowy!

Cette semaine, John s’entretient avec Braeden Moskowy, champion canadien junior 2011, participant au Brier Tim Hortons à trois reprises, et un des plus récents gagnants du Grand Slam avec sa nouvelle formation, Équipe Dunstone. Braeden est un des joueurs les plus sympathiques sur le circuit; cette entrevue montrera à quel point il est fantastique et drôle!

Bienvenue à Coup de folie, une série de Curling Canada dans laquelle John Cullen s’entretient avec vos curleurs préférés pour des entrevues comme vous n’en avez jamais vues. Chaque entrevue comporte huit questions : cinq questions identiques pour chaque curleur, deux questions spécifiques à chacun, et une question suggérée par le joueur interviewé précédemment.

1. Quel est le plus beau lancer auquel tu aies pris part ?

Braeden Moskowy : J’en ai deux. En fait, je devrais plutôt dire que j’ai pris part à trois, courtoisie de M. Dunstone (rires), mais, avant ça, le lancer dont je me rappelle le plus est celui avec lequel j’ai gagné le Championnat canadien junior en 2011. Il s’agissait d’un lancer avec pesanteur de bloc de départ, autour d’une garde; comme les pierres étaient collées l’une sur l’autre, il frappait la frapper de front; si elle roulait d’un pouce dans une direction ou l’autre, on ne marquait pas le point. Donc, j’ai fait mon lancer, et il a fallu attendre le résultat du mesurage, ce qui a rendu le lancer encore plus spécial. Savoir qu’il a littéralement fallu réussir un lancer à un pouce près pour remporter le championnat canadien, ça le rend assez mémorable.

John Cullen : Sans aucun doute. Je me souviens de ce lancer, il était fantastique. Et la célébration aussi. Je présume que l’autre vient de Matt.

BW : Oui, le week-end dernier. Je suis certain que tu l’as vu (https://www.youtube.com/watch?v=2jlPRmWbqUA). Matt a réussi ce… je ne sais même pas comment le décrire. Une triple sortie montée à angle, peut-être?

JC : On se demandait si vous aviez prévu de faire le lancer qu’il a réussi, ou simplement une double sortie montée.

BW : Nous tentions la double sortie montée. Cependant, quand vous tentez de déplacez une pierre de si loin, Dunny a probablement raté le lancer prévu par un quart de pouce. Nous savions que, s’il le manquait, nous marquerions certainement un point, et peut-être qu’elle roulerait assez loin vers celle à l’arrière pour en marquer deux. En fait, elle a frappé la pierre à l’arrière assez facilement. Un super lancer, contre mon ancienne équipe en plus, ce qui est toujours amusant.

Braeden Moskowy, à droite, et son capitaine Matt Dunstone. (Photo, Curling Canada / Michael Burns)

2. Quelle possession sans lien avec le curling as-tu le plus de mal à te départir?

BW : Sans lien avec le curling? Difficile à dire. J’en ai une liée au curling, par contre.

JC : OK, vas-y.

BM : Je porte le même soulier de glissade depuis 2009, de temps en temps. J’ai eu six ou sept nouvelles paires depuis, mais je ne peux juste pas m’habituer à une que j’aime. C’est un vieux soulier BalancePlus défraîchi, que je porte depuis mes années chez les juniors. C’est celui que je portais quand j’ai gagné le championnat junior; je pense peut-être qu’il reste un peu de magie à l’intérieur (rires).

Je ne suis pas trop sentimental pour les objets réguliers; j’ai tendance à m’en débarrasser, mais j’ai un vieux chapeau de paille que je porte quand je conduis le bateau sur le lac. Il est tout élimé et déchiré, mais il protège mon visage du soleil, et donc je le garde. Je refuse de dépenser 9 $ pour en acheter un neuf.

JC : On dirait que les chalets n’incitent pas à acheter de nouvelles choses. Je me souviens de mon ancien chalet, où je portais d’anciens chapeaux et des choses ayant appartenu à mes grands-parents quand ils étaient jeunes.

BM : Oui, qu’il s’agisse de vêtements ou de casseroles, on ne veut jamais rien acheter de neuf. Tu dépenses 15 000 $ pour un bateau, mais tu ne veux pas sortir 1,50 $ pour une nouvelle tasse de café (rires). C’est ça la vie de chalet.

3. Qui est le joueur de curling le plus sous-estimé, et pourquoi?

BW : Eh bien, ça dépend de ta définition de sous-estimé. Le gars dont je veux parler est évidemment un joueur très talentueux, mais autour de la glace, on n’entend pas assez parler de lui; ce gars-là, c’est Benoît Schwarz, d’Équipe De Cruz.

JC : Un excellent joueur.

BM : Sans aucun doute. On entend beaucoup parler de Koe et de Gushue, qui sont évidemment phénoménaux, mais j’aimerais que le public comprenne mieux à quel point Benoît est bon. Je pense honnêtement qu’il est aussi bon que n’importe qui dans le monde. Peut-être que je suis biaisé parce qu’il m’a battu au Championnat du monde junior, mais je trouve qu’on n’entend pas assez parler de lui.

JC : C’est rare qu’on peut qualifier un médaillé olympique de «sous-estimé», mais je suis d’accord avec toi. J’ai joué contre lui quelques fois, et il est vraiment très fiable. Je pense que son jeu est vraiment précis; il peut réussir les lancers puissants, mais ses meilleurs lancers ont tendance à être plus légers, ou des placements cruciaux, le type de lancers qui passent plus inaperçus que ceux des gros tireurs.

BM : Exactement, JC. Son surnom sur le circuit est Mr T, parce qu’il vit sur la ligne du «T» (rires). En plus, les Européens ont moins de couverture à la télévision ou la presse. Il est plus relax, et ne recherche pas l’attention. Mais il devrait en avoir quand même.

JC : Il est plutôt beau garçon, en plus. Je me souviens avoir pensé «wow» en voyant sa photo dans le calendrier Men of Curling.

BM : Oh! Aucun doute. Un véritable homme-fusée. Certains gars ont tout pour eux, Johnny.

4. Quel a été ton pire travail?

BM : Voilà une question facile. À l’université, j’ai travaillé dans une aciérie à Regina pendant l’été. On travaillait en rotation, de sorte qu’on faisait des journées de 12 heures vraiment difficiles. Durant tout ce temps, je n’ai fait qu’un seul travail, qui consistait à dessouder les capuchons sur d’énormes tuyaux de pétrole, 12 heures par jour. À eux seuls, les capuchons pesaient 40 livres; c’était affreux.

JC : J’ai travaillé dans un entrepôt pendant deux étés, mais ça, ça semble bien pire.

BM : Oh, ça l’était. On travaillait l’été, dans une usine où il faisait tellement chaud que nous allions dehors pour nous rafraîchir. Dehors à 30 degrés. C’était ridicule. On espérait juste sentir un courant d’air frais. C’était payant, mais le travail était difficile; je ne m’en ennuie pas une seule seconde. Ça aide à mettre les choses en perspective. Quand je me fais planter par Jacobs à la télévision nationale, je me dis que ça pourrait être bien, bien pire et que je suis très chanceux.

Braeden Moskowy avec la médaille d’or et le trophée des Championnats canadiens juniors de 2011. (Photo, Curling Canada / Michael Burns)

5. Quelle est la chose la plus stupide à laquelle tu as pourtant cru pendant longtemps?

BM : Quand on grandit en Saskatchewan, on connaît quelques agriculteurs; ma tante Tootie et mon oncle Bing…

JC : Attends, tante Tootie et oncle Bing?

BM : (rires) Oui. Ils possédaient une ferme laitière, et j’étais convaincu que le lait au chocolat venait des vaches brunes, et que le lait blanc venait des blanches.

JC : Un dilemme classique.

BM : J’ai cru ça pendant beaucoup trop longtemps. Jusqu’à, mettons, 16 ou 17 ans (rires). Un jour, je conduisais vers chez eux, et j’ai vu leurs vaches; je me suis dit : «Attends un peu, je suis un idiot. Ça ne marche pas comme ça». Pas mon plus fier moment.

6. On passe maintenant aux questions propres à Braeden, et j’en ai des juteuses. Pour commencer, peux-tu m’expliquer ce qu’est un «Schmackle», et pourquoi tu es si mauvais à ça?

BM : (rires) Tu plaisantes! C’est un jeu auquel M. Dunstone aime jouer pour finir la pratique. Je pense qu’il l’a appris de Steve Laycock, mais je ne suis pas sûr. Il gagne tout le temps, alors on dirait qu’il l’a inventé lui-même. Il connaît certainement des trucs. En fait, c’est un jeu à la fin de la pratique, dans lequel les quatre gars vont dans les coins avec deux pierres. On lance toutes les pierres dans le milieu en même temps puis, quand elles arrêtent, on lance la pierre de l’autre couleur de celle qui est en position de marquer pour tenter de marquer le plus de points possibles. En gros, c’est un jeu de chance pure, et Dunny est toujours le plus chanceux.

JC : On dirait qu’il triche; c’est lui qui m’a suggéré de t’en parler.

BM : Je ne pense pas qu’il triche, mais il se retrouve toujours en si bonne position à chaque fois que c’en est ridicule. Quand c’est mon tour, les angles, les lancers, rien ne marche pour moi, alors que lui n’a que des lancers faciles pour marquer quatre points. Après, il se prend pour un génie. C’est le jeu parfait pour lui, il n’a même pas besoin d’y penser. Pas de stratégie, pas de planification. Juste des lancers francs pour me faire mal paraître.

JC : Tu aurais peut-être besoin d’un autre jeu pour finir la pratique?

BM : Il me faut autre chose, Johnny. Les gars adorent ça parce que je me fais humilier mais, de toute façon, je lance une pétition pour abandonner la pratique parce que je déteste ça (rires).

7. Pendant que tu étais à la Coupe Continental, il y a deux ans, j’ai tweeté ceci : (https://twitter.com/cullenthecurler/status/820137946397319168?s=20). Je veux savoir si j’avais raison.

BM : Soyons complètement honnête : c’est exactement ce qui est arrivé à Vegas (rires). En vérité, c’était une combinaison de deux choses : je me sentais mal après la nuit précédente, et j’étais furieux d’avoir eu à brosser une pierre d’un bout à l’autre de la glace dans la première manche. Sur un coup franc, rien de moins! Derek ne m’a pas fait de faveurs là-dessus! Dans ces situations-là, un match à 8 heures du matin après une soirée de sortie à Vegas, tu peux compter sur tes coéquipiers pour t’aider mais, là, ça n’est pas arrivé.

JC : Très égoïste. En tant que premier, laisse-moi te dire que je ne t’aurais pas fait brosser comme ça. Te sentais-tu aussi mal que tu en avais l’air?

BM : Je voyais des étoiles, Johnny (rires). Rien de plus que ça; je ne me sentais pas bien. Mais je ne peux pas complètement blâmer Derek pour ma colère, je pense que j’étais en colère après moi-même en pensant, après ce brossage : «Braeden, avais-tu vraiment besoin de ce dernier cocktail avant d’aller au lit. Peut-être que tu aurais pu ajouter de l’eau.» Mais j’ai survécu.

8. Puisque nous avons eu un changement de programme, je n’ai pas de question d’un autre joueur pour toi. Je vais donc te poser une question bonie : si vous pouvais revivre n’importe quel moment de ta vie jusqu’à maintenant, ça serait lequel et pourquoi?

BM : On en parlait justement, mais je dirais que ça serait la Coupe Continental. C’était ma première fois avec Hodgy et Derek, et la deuxième pour Reid. C’est agréable de partager ça pour la première fois avec un groupe de gars et, comme c’était à Vegas, nous sommes arrivés une journée plus tôt pour tout découvrir. C’était comique parce que nous avions disputé un Slam, la semaine avant, et nous avions mal joué. Vraiment terrible. C’était cool d’aller là, de jouer pour le plaisir, avec une bonne équipe, et de nous amuser.

JC : Et Reid a réussi son lancer pour la victoire.

BM : Tout à fait, c’était spécial. C’est agréable de jouer avec ces gars-là sur la même équipe; même si nous sommes tous amis, on est toujours en compétition, en encourageant l’autre équipe parce qu’on ne veut pas les affronter par la suite. Avec un gars comme Koe sur ton équipe, c’est vraiment agréable. Même juste regarder les parties pour encourager ton équipe. C’était génial, et j’espère avoir la chance d’y retourner.

JC : Si tu y retournes, tu aurais trois gars à leur première expérience avec Équipe Dunstone. Quel conseil leur donnerais-tu?

BM : Si tu vas à un spectacle de Britney Spears avec Kevin Koe et Jennifer Jones, la veille d’un match à 8 heures du matin, ajoute de l’eau (rires).

JC : Judicieux conseil. Peux-tu me suggérer une question pour ma prochaine invitée, Rachelle Brown?

BM : À part moi, quelle est ton équipe mixte de rêve? Tu peux choisir un joueur international aussi, si tu veux. Pour chaque joueur, je veux avoir une raison sur la glace et à l’extérieur de la glace pour son choix.

JC : J’adore ça! J’ai bien hâte d’entendre les raisons pour l’extérieur de la glace. Merci de ta participation, Braeden, et bonne chance pour le reste d’une saison déjà fructueuse!

Vous pouvez suivre John Cullen sur Twitter à @cullenthecurler, et Braeden Moskowy à @bmosk24.

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