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Colleen Jones, légende et pionnière du curling, s’éteint à 65 ans

Les gens adorent leurs héros sportifs. C’est peut-être pourquoi, lorsqu’un pays perd l’un d’eux, la douleur est si vive.

Ce fut le cas avec l’annonce du décès de Colleen Jones, double championne du monde et sextuple championne canadienne de curling féminin, à l’âge de 65 ans à Maders Cove, après une longue lutte contre le cancer.

La nouvelle de sa disparition a profondément ému la communauté canadienne du curling et, plus particulièrement, les Néo-Écossais. Un sentiment de fierté indéniable accompagne le soutien apporté à cette héroïne provinciale. Pour les Néo-Écossais, Jones était « leur championne », celle qui a hissé le sport provincial vers les plus hauts sommets grâce à ses exploits à l’échelle nationale et sur la scène internationale.

Pour bien comprendre l’impact de son décès sur les Néo-Écossais, il convient de souligner qu’en 2018, Jones s’est classée deuxième derrière la vedette de la LNH, Sidney Crosby, dans le palmarès des 15 plus grands athlètes de l’histoire de la Nouvelle-Écosse.

Son décès a suscité un deuil comparable à celui d’une autre grande joueuse de curling canadienne, Sandra Schmirler, de Regina, décédée d’un cancer en 2000 à l’âge de 36 ans.

Les contributions de ses nouvelles coéquipières, Kim Kelly, Mary-Anne Arsenault et Nancy Delahunt, ont permis d’établir une norme d’excellence en curling féminin, l’équipe remportant cinq championnats canadiens féminins en six ans, dont quatre consécutifs. (Photo, Curling Canada/Andrew Klaver)

Jones et le curling en Nouvelle-Écosse étaient indissociables. Issue d’une grande famille de curleurs, elle a connu un succès précoce en compétition après avoir rejoint le club de curling Mayflower à l’âge de 14 ans.

Elle a fait une entrée fracassante sur la scène du curling en 1979, à l’âge de 19 ans, en remportant son premier de 16 titres provinciaux féminins, ainsi qu’une médaille d’argent aux Jeux du Canada la même année.

À 22 ans, Jones est devenue la plus jeune capitaine à remporter le Tournoi des Cœurs Scotties lorsque son équipe a triomphé en 1982 à Regina, avec le soutien de la troisième Kay Smith, de la deuxième Monica Jones et de la première Barb Jones-Gordon.

Ce fut le début d’une incroyable série de succès, au cours de laquelle Jones a dominé ses adversaires avec la même vigueur qu’elle mâchait sa gomme préférée.

Bien sûr, elle n’a pas accompli cela seule. Les contributions de ses nouvelles coéquipières, Kim Kelly (troisième), Mary-Anne Arsenault (deuxième) et Nancy Delahunt (première), ont permis d’établir une norme d’excellence en curling féminin, l’équipe remportant cinq championnats canadiens féminins en six ans, dont quatre consécutifs. Leurs titres nationaux furent remportés en 1999, 2001, 2002, 2003 et 2004.

L’équipe a également remporté deux titres mondiaux, en 2001 et 2004.

Gerry Peckham, qui a été directeur de la haute performance chez Curling Canada pendant de nombreuses années, était un fervent partisan de l’équipe Jones.

« J’ai toujours été un grand admirateur de l’équipe de Colleen Jones », a-t-il déclaré. « Elles ne voyageaient pas autant et ne jouaient pas autant que certaines autres équipes, mais leur approche de l’entraînement et leur volonté d’apprendre constamment étaient inégalé au niveau élite. »

Jones a longtemps détenu le record du plus grand nombre de victoires au Tournoi des Cœurs Scotties pour une capitaine, avec 152. (Photo, Curling Canada/Andrew Klaver)

Jones a longtemps détenu le record du plus grand nombre de victoires au Tournoi des Cœurs Scotties pour une capitaine, avec 152, avant que cette marque ne soit battue par Jennifer Jones de Winnipeg en 2021.

Bien plus tard, Jones a prouvé qu’elle n’avait rien perdu de son esprit de compétition en participant à quatre championnats canadiens seniors de curling féminin, remportant la palme en 2016 puis le titre mondial l’année suivante.

Jones a également remporté deux titres canadiens mixtes, en 1993 et ​​1999. Sa dernière présence sur la scène nationale remonte au championnat canadien mixte de 2023 à Swift Current, en Saskatchewan, où elle a joué comme première pour le Néo-Écossais Paul Flemming, à l’âge de 63 ans.

Les Néo-Écossais ont appris à mieux connaître Jones par le biais de la télévision. Elle avait travaillé comme reportrice et présentatrice météo pour la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) à Halifax.

« Il n’y a que trois choses qui comptent dans ma vie : ma famille, le curling et la CBC. Ce sont mes priorités et c’est ce que j’ai toujours fait », a déclaré Jones quelques mois avant sa retraite en 2023.

Jones a également travaillé comme journaliste sur les lignes de côté à la télévision lors des tournois de curling des Jeux olympiques d’hiver de 2014, 2018 et 2022.

Jones avait déjà connu des problèmes de santé. En 2010, ce qu’elle pensait être un rhume ou une grippe s’est avéré être une méningite bactérienne, une maladie potentiellement mortelle.

Cette maladie l’a incitée à collaborer avec l’écrivain torontois Perry Lefko pour rédiger « Throwing Rocks at Houses », un ouvrage dans lequel elle relate son parcours de vedette du curling, de commentatrice à la CBC et de mère de deux garçons.

Il s’agissait de son deuxième livre. Elle est également l’auteure de « Curling Secrets », un guide pratique du curling destiné aux débutants comme aux experts.

Au cours de sa carrière, Jones a reçu de nombreuses distinctions, dont sa nomination à l’Ordre du Canada (2022), son intronisation au Panthéon des sports canadiens (2016) et son admission au Temple de la renommée du curling canadien (1989).

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