Par: Jolene Latimer
Pour bon nombre des femmes présentes au sommet Femmes du curling, organisé au Club de curling de Martensville, en Saskatchewan, lancer une pierre de curling n’avait rien de nouveau. Mais le faire depuis un fauteuil roulant représentait un défi tout à fait différent.
Une séance pratique de curling en fauteuil roulant a permis aux participantes de mieux apprécier les habiletés requises par ce sport, son accessibilité et les possibilités d’inclusion qu’il offre.
Sous la supervision de Marie Wright, médaillée de bronze paralympique, les participantes ont délaissé leur technique de lancer habituelle pour prendre place dans un fauteuil roulant, découvrant ainsi par elles-mêmes toute la précision, la force et la technique qu’exige cette discipline adaptée.
« Ce qui m’a le plus surprise, c’est la difficulté de lancer la pierre en lui donnant la rotation adéquate », a confié Chloe Semeniuk, une participante qui essayait le curling en fauteuil roulant pour la première fois. « Après avoir fait l’expérience du curling en fauteuil roulant, je réalise beaucoup mieux le niveau de précision qu’exige cette discipline. Il faut, dès le lancer, assurer une trajectoire et une vitesse parfaitement maîtrisées. »
Cette séance a constitué l’un des moments forts du sommet Femmes du curling de la Saskatchewan, un événement qui a rassemblé des femmes pour explorer les possibilités de participation, de leadership et de réseautage au sein de ce sport. Le sommet a invité les participantes à réfléchir aux nombreuses façons dont les femmes peuvent rester impliquées dans le curling tout au long de leur vie, y compris par le biais de pistes qu’elles n’avaient peut-être jamais envisagées auparavant.
Pour Michele Mathews, coordonnatrice de bureau chez CURLSASK et personne-ressource du sport adapté au sein de l’organisme depuis deux ans, l’intégration du curling en fauteuil roulant au programme s’est imposée comme un choix naturel.
Dans le cadre de ses fonctions, Mathews a appris à connaître Wright, tant en tant qu’athlète accomplie qu’en qualité d’ambassadrice enthousiaste de cette discipline.
« Elle incarne bon nombre des valeurs que nous souhaitions voir représentées lors de ce sommet : l’inclusion, la résilience, le positivisme, le leadership et un amour sincère pour ce sport », souligne Mathews.
Plutôt que de se contenter de présenter le curling en fauteuil roulant aux participantes, les organisatrices ont tenu à leur offrir l’occasion d’en faire l’expérience par elles-mêmes.
Les résultats ont dépassé les attentes.
« Ce qui m’a le plus frappée, c’est l’enthousiasme avec lequel ces femmes ont participé et se sont pleinement investies dans l’expérience », a déclaré Mathews. « Elles ne se contentaient pas d’observer une démonstration ou d’écouter quelqu’un parler du curling en fauteuil roulant; elles s’installaient dans les fauteuils, essayaient par elles-mêmes, posaient des questions et découvraient concrètement à quel point le curling peut être différent lorsqu’on l’aborde sous cet angle. »
Mathews a particulièrement apprécié de voir les participantes célébrer les petites victoires liées à la maîtrise d’une nouvelle technique de lancer.
« L’un des aspects que j’ai préférés, c’était de voir la joie sur leur visage lorsqu’elles parvenaient à faire glisser une pierre jusqu’à l’autre bout de la glace », a-t-elle confié.
Pour les organisatrices, cette expérience a également permis de renforcer un message plus global concernant l’accessibilité et les possibilités qu’offre le curling aux personnes ayant des capacités variées.
Gaylene Simpson, membre du comité d’organisation du sommet, a souligné que la décision de mettre en avant le curling en fauteuil roulant illustrait l’une des plus grandes forces de cette discipline : sa capacité d’adaptation.
« Aux quatre coins de la province, des ligues réunissent des joueuses et joueurs en fauteuil roulant, ou encore de curling avec tige, celles et ceux qui utilisent des appareils d’aide à la glissade, des participantes et participants non voyants, ainsi que d’autres personnes aux capacités diverses, tous unis par leur passion pour ce sport », a expliqué Simpson. « Nous voulions mettre en lumière cette diversité, montrer à quel point le curling est adaptable et démontrer qu’il s’agit véritablement d’un sport ouvert à toute la communauté. »
Ce message était particulièrement pertinent au regard de l’objectif plus large du sommet : favoriser la rétention des femmes dans le curling.

A mesure que les femmes voient leurs responsabilités évoluer — qu’il s’agisse de leurs études, de leur carrière ou de leur vie familiale —, leurs possibilités de pratiquer un sport peuvent également changer. Simpson a souligné que le comité souhaitait démontrer que rester impliquée ne signifie pas nécessairement continuer à participer de la même manière.
Qu’il s’agisse d’entraînement, d’arbitrage, de bénévolat ou de disciplines adaptées, le curling offre de multiples façons de garder un lien durable avec ce sport tout au long de sa vie.
Pour Mathews, cette séance a illustré à quel point une expérience directe peut s’avérer puissante pour faire évoluer les perspectives, y compris chez des personnes qui connaissent déjà très bien ce sport.
« Les femmes sont reparties avec une meilleure compréhension et une meilleure appréciation du curling en fauteuil roulant, mais je pense qu’elles ont aussi commencé à réfléchir plus largement à l’accessibilité, à l’inclusion et aux nombreuses façons dont chacun peut pratiquer notre sport et y connaître du succès », a-t-elle déclaré.




