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Don Duguid, triple vainqueur du Brier et double champion du monde, s’est éteint

Rares sont les athlètes de calibre mondial qui quittent leur sport au sommet de leur art.

Pourtant, le curleur Don Duguid l’a fait – non pas une, mais deux fois. Son unique retour à la compétition en tant que joueur restera gravé dans les mémoires. Celui que l’on surnommait « The Digit » a mené le Canada à deux conquêtes de suite du championnat du monde de curling Air Canada Silver Broom en 1970 et 1971, son équipe remportant chacun de ses 17 matchs, le seul quatuor à avoir réalisé cet exploit lors d’années consécutives.

Duguid s’est éteint mercredi soir à l’âge de 90 ans. Son fils, Terry, a annoncé la nouvelle sur Facebook jeudi.

Don Duguid a connu une brillante carrière sur la glace, suivie d’une carrière enrichissante comme commentateur sportif après sa retraite.

Véritable légende du curling au Canada, il a participé à quatre championnats nationaux masculins sous les couleurs du Manitoba et en a remporté trois, deux fois comme capitaine et une fois comme troisième. Il a également évolué au poste de deuxième lors de ses débuts au Brier en 1957, au sein de l’équipe de Howard Wood fils.

Don Duguid (à droite) et Kate Caithness, alors présidente de la Fédération mondiale de curling, après l’intronisation de Duguid au Temple de la renommée du curling mondial en 2013. (Photo : Curling Canada/Michael Burns Jr.)

C’est après avoir remporté le Brier de 1965 comme troisième de l’équipe de Terry Braunstein que Duguid a pris sa retraite une première fois, suite à la conquête de la médaille d’argent au championnat du monde de la même année à Perth, en Écosse.

Mais il ne tarda pas à revenir au jeu. L’équipe du Winnipeg Granite Club, composée du troisième Rod Hunter, du deuxième Jim Pettapiece et du premier Bryan (Woody) Wood, cherchait un nouveau capitaine, et Duguid était l’homme idéal.

Cette équipe était redoutable. Hunter, surnommé « The Arrow », était l’un des meilleurs troisièmes au monde, et le duo Pettapiece-Wood en tête pouvait balayer la glace jusqu’au béton. Les deux années suivantes ne furent rien de moins qu’un véritable triomphe.

C’était aussi l’époque où il n’y avait pas de qualification automatique, quelle que soit la compétition. Après leur premier titre mondial remporté à Utica, dans l’État de New York, Duguid et ses coéquipiers ont dû se battre pour remporter le championnat de leur club, les éliminatoires régionales et le championnat « Manitoba Consols » simplement pour pouvoir participer à nouveau au Brier.

Duguid a déclaré que sa décision de prendre sa retraite définitive à 37 ans, après son deuxième titre mondial à Megève, en France, fut facile à prendre. Aucun contrat de plusieurs millions de dollars ne l’attendait, mais une occasion de travailler pour la CBC s’offrait à lui.

Il a saisi cette chance, a rangé son balai et a entamé une carrière de 29 ans à la société d’état comme analyste de curling, collaborant principalement avec les commentateurs Don Chevrier et Don Wittman.

Il est devenu une figure incontournable au Canada grâce à ses analyses, et son expression « deux écoles de pensée sur ce sujet » lorsqu’il abordait la stratégie est devenue sa marque de commerce.

Après son départ de la CBC, il a poursuivi sa carrière de commentateur sportif aux États-Unis avec NBC, pour qui il a couvert les Jeux olympiques d’hiver.

Duguid était un innovateur. Il a perfectionné le lancer dit « Manitoba Tuck », où les joueurs glissent sur la pointe des pieds, le talon levé et le pied replié sous le corps, inspirant ainsi de futures vedettes manitobaines comme Kerry Burtnyk, Vic Peters, Jeff Stoughton, Mike McEwen et le champion en titre du Brier Montana’s, Matt Dunstone.

Duguid a également été cofondateur de l’une des premières écoles de curling au monde et a enseigné ce sport partout dans le monde après sa retraite.

Il a été intronisé au Temple de la renommée du curling canadien en 1974, au Panthéon des sports canadiens en 1991 et au Temple de la renommée de World Curling en 2013. En 2014, il a été nommé membre de l’Ordre du Manitoba et, en 2020, membre de l’Ordre du Canada, l’une des plus hautes distinctions du pays.

Les détails de ses funérailles seront communiqués ultérieurement.

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