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Joignez le jeu : rendre le curling en fauteuil roulant et avec tige plus accessible à tous

Difficile d’imaginer une finale plus palpitante que celle du tournoi de curling en fauteuil roulant par équipes mixtes des Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026. Alors qu’il ne restait que quelques secondes à écouler au cadran, le capitaine d’Équipe Canada, Mark Ideson, a réussi un coup parfait pour marquer le point gagnant et remporter la médaille d’or.

Cette victoire enlevante de 4-3 contre la Chine a couronné une semaine historique sans aucune défaite pour l’équipe composée d’Ideson, du vice-capitaine et troisième Jon Thurston, de la deuxième Ina Forrest, de la première Collinda Joseph et du cinquième Gilbert Dash. Il s’agissait de la première conquête de la médaille d’or du Canada dans cette discipline depuis 2014.

Grâce au parcours sans faute du Canada et à cette finale des plus relevées, le curling en fauteuil roulant s’est retrouvé sous les feux de la rampe comme jamais.

« Le fait que le curling ait été le sport dont tout le monde parlait cette année aux Jeux était vraiment emballant », a déclaré Kyle Paquette, directeur du curling en fauteuil roulant chez Curling Canada.

Depuis 2022, CBC Gem diffuse en direct les Jeux olympiques et paralympiques, ce qui, selon Paquette, a contribué à accroître la visibilité.

« Je pense que la diffusion des Jeux olympiques, principalement via l’application Gem, a véritablement propulsé le curling », a-t-il déclaré. « Les gens ont continué à l’utiliser pour les Jeux paralympiques et se sont rendu compte qu’il y avait des sports vraiment géniaux et passionnants, et le curling en fauteuil roulant en fait partie. »

Difficile d’imaginer une finale plus palpitante que celle du tournoi de curling en fauteuil roulant par équipes mixtes des Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026. (Photo, Canadian Paralympic Committee / Angela Burger)

Cet engouement s’inscrit dans la dynamique de la campagne « Joignez le jeu » de Curling Canada, qui encourage les associations, les clubs et les joueurs de curling d’un bout à l’autre du pays à profiter de l’engouement olympique et paralympique et à s’engager à contribuer à l’essor de ce sport.

Jennifer Chase, entraîneuse au Club de curling Lakeshore de Lower Sackville, en Nouvelle-Écosse, dans la région d’Halifax, s’est engagée à développer le curling de toutes les manières possibles et à le rendre plus inclusif.

Elle a atteint son objectif en entraînant une nouvelle équipe de curling en fauteuil roulant et en initiant de nouveaux athlètes des Jeux olympiques spéciaux au curling. Elle prévoit aussi de recruter encore plus de membres en vue de la saison prochaine.

« Tout le monde mérite d’être inclus dans le curling. Tout le monde a le droit de jouer, et le curling est tellement facile à adapter », a déclaré Chase.

Pour développer le curling de manière inclusive, Chase estime qu’il ne suffit pas de dire que tout le monde est le bienvenu.

« Il faut que les gens se sentent accueillis grâce à des événements dans le cadre desquels ils peuvent être eux-mêmes et leur montrer comment un club peut s’adapter pour répondre à leurs besoins. Ce n’est pas au joueur potentiel de s’adapter au club pour s’intégrer; c’est au club de faire l’effort de les intégrer », a-t-elle ajouté.

Développer le curling en Nouvelle-Écosse

Jill Brothers, directrice technique chez Nova Scotia Curling et troisième joueuse de l’équipe Christina Black, s’investit également activement dans le développement du curling en fauteuil roulant dans la province.

Historiquement, le Club de curling Lakeshore a toujours compté le plus grand nombre de joueurs de curling en fauteuil roulant en Nouvelle-Écosse, mais il y a quelques années, Brothers a constaté que la province n’envoyait pas de représentants au championnat national et a souhaité remédier à la situation.

Elle a collaboré avec le joueur de curling en fauteuil roulant Laughlin Rutt (qui a remporté le championnat de curling en fauteuil roulant de la Nouvelle-Écosse en mars pour la neuvième fois) et l’entraîneur Stewart Slauenwhite afin d’organiser un camp d’une journée pour les curleurs et les entraîneurs. Une douzaine de personnes y ont participé, dont une équipe de curling en fauteuil roulant venue du Cap-Breton, ainsi que des personnes qui n’avaient jamais encore pratiqué ce sport.

« Il y avait une femme, pleine d’enthousiasme et de vie, qui n’avait jamais vu une glace de curling auparavant. Elle est arrivée, a regardé la glace et a dit : « Je sais que je vais adorer ça. » Elle a depuis participé deux fois au championnat national », a raconté Brothers.

Un an plus tard, ils ont organisé un camp similaire avec de l’équipement de curling en salle dans un club de tennis d’Halifax. Les participants ont maintenant formé une équipe complète de curling en fauteuil roulant. Grâce à cela, la Nouvelle-Écosse, qui n’avait aucune équipe en lice pour représenter la province au championnat national, en compte désormais trois, avec l’espoir d’en ajouter une quatrième la saison prochaine.

Ils ont organisé un autre camp en octobre dernier, et la participation a doublé.

« C’était un grand pas en avant, encore une fois: de nouveaux joueurs, des joueurs plus âgés, des entraîneurs et des personnes de soutien », a déclaré Brothers. « C’était tellement excitant! Et puis, la venue de Dana Ferguson [entraîneuse du programme national de curling en fauteuil roulant] de l’Alberta pour un événement d’une journée… elle a énormément appris au groupe, et ce fut une journée vraiment agréable. »

Brothers a ajouté que la tenue des Essais canadiens de curling Montana’s et du Festival des cercles (un événement d’envergure municipale visant à rendre le sport plus inclusif et accessible grâce à des activités comme le curling en salle) à Halifax en novembre dernier, suivis de la Journée du curling en Nouvelle-Écosse, ont contribué à donner un nouvel élan à ce sport dans toute la province. Elle espère également tirer parti du succès d’Équipe Canada aux Jeux paralympiques pour attirer de nouveaux adeptes la saison prochaine.

Elle ajoute que les joueurs de curling en fauteuil roulant font également un excellent travail de promotion de leur sport.

« Nous avons un groupe formidable, passionné et plein d’énergie, qui contribue grandement à l’essor de ce sport », a déclaré Brothers.

Développer le curling en fauteuil roulant partout au Canada

Développer le curling en fauteuil roulant au Canada nécessite de sensibiliser de nouveaux joueurs potentiels et de proposer des clubs, des programmes et des équipements accessibles, a ajouté Paquette.

Grâce à un nouveau partenariat avec Goldline, une tige de lancement de curling en fauteuil roulant est désormais disponible sur le marché. Auparavant, de nombreux joueurs se rendaient dans les quincailleries pour trouver des perches extensibles ou devaient improviser dans leur garage.

« Cela faisait partie intégrante de la sous-culture du curling en fauteuil roulant depuis de nombreuses années. Le fait de pouvoir disposer de têtes et de tiges disponibles sur le marché représente donc une avancée majeure pour ce sport », a déclaré Paquette.

Parmi les autres initiatives, on compte la mise en place, à titre d’essai, de ligues intégrées réunissant des joueurs en fauteuil roulant et des joueurs sans handicap. Ce concept a été mis en valeur lors de la première Invitation de curling en fauteuil roulant présentée dans le cadre d’un tournoi du Grand chelem en septembre dernier et lors de l’épreuve de la Rock League à Toronto en avril.

(Photo, Curling Canada / Anil Mungal)

« C’est une stratégie qui pourrait accélérer la croissance de ce sport », a déclaré Paquette.

Il dirige également un groupe de travail national visant à développer le curling en fauteuil roulant, notamment en soutenant les clubs, les associations et les programmes locaux, et en contribuant à l’essor de la communauté.

« Si l’on me demandait quelle est, selon moi, la plus grande réussite de la dernière période quadriennale, ce ne serait certainement pas la médaille d’or… c’est plutôt le fait d’avoir réussi à rassembler la communauté des joueurs et des entraîneurs de curling en fauteuil roulant, la croissance de cette communauté et à quel point elle est tissée serrée », a affirmé Paquette.

Le curling avec tige est également populaire dans toute la province.

En plus de l’essor du curling en fauteuil roulant en Nouvelle-Écosse, le curling avec tige gagne également en popularité dans la province.

Bruce Densmore, président de la Nova Scotia Stick Curling Association (NSSCA), s’est engagé dans le cadre de la campagne « Joignez le jeu » en offrant des cliniques de curling avec tige dans les clubs de curling ruraux.

Cette saison, il a contribué à l’organisation de neuf cliniques de curling avec tige dans sept petits clubs de la province, en collaboration avec Milt Larsen, président du comité de l’éducation de la NSSCA, qui a élaboré ces cliniques techniques en 2018.

« Si vous pouvez marcher et tenir une tige de lancement, je peux probablement vous apprendre à lancer en une heure », a déclaré Densmore.

Alors que certains curleurs utilisent une tige de lancement pour jouer dans une ligue à quatre joueurs, le curling avec tige se joue à deux, avec six pierres par équipe par bout et six bouts au total. C’est un jeu plus court et plus rapide, sans balayage.

Selon Densmore, le curling avec tige permet à un plus grand nombre de personnes de jouer plus longtemps, notamment celles souffrant de problèmes de genoux, de hanches ou de dos.

« Nous constatons que le curling avec tige contribue à l’essor de ce sport en permettant à ces personnes de continuer à pratiquer leur sport favori. En optant pour le curling avec tige à deux, elles peuvent prolonger leur carrière de 10 à 20 ans. »

Densmore, membre du Club de curling Lakeshore, s’est mis au curling avec tige après avoir subi une blessure au dos il y a quelques années.

« Cela m’a permis de rester actif physiquement et de concourir à un haut niveau, un aspect de ma vie que j’avais dû abandonner. Du coup, je suis un peu accro à ce sport maintenant », a-t-il déclaré. « Ça a comblé un vide, et j’adore ça. »

Grâce à ce regain d’enthousiasme, ils prévoient d’offrir encore plus de cliniques et de ligues de curling avec tige l’automne prochain.

« Les Jeux olympiques ont sensibilisé le public au curling en général. Je pense que le double mixte a suscité un intérêt accru pour une discipline à deux, et nous surfons sur cette vague en proposant une nouvelle variante du jeu à deux », a expliqué Densmore.

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